‹ Emile Nelligan et son œuvre. --Chapitre 36 sur 110 · DANS L'ALLEE · texte numérisé non relu

DANS L'ALLEE

Toi-même, éblouissant comme un soleil ancien

Les Regrets des solitudes roses, Contemple le dégât du Parc magicien Oii s'effeuillent, au pas du Soir nuisicien.

Des morts de camélias, de roses.

Re\"isitons le l'^aune à la flûte fragile

Près des bassins au vaste soupir.

Et le banc où. le soir, comme un jeune \'irgile. Je venais célébrant sur mon théorise agile

Ta ])runelle au reflet de saphir.

I,E JARDIN DE i/ENFANCE 23

La Nuit embrasse en paix morte les boulingrins ,

Tissant nos douleurs aux ombres brunes, Tissant tous nos ennuis, tissant tous nos chagrins, Mon cœur, si peu quiet qu'on dirait que tu crains Des fantômes d'anciennes lunes !

Foulons mystérieux la grande allée oblique ;

Là, peut-être à nos appels amis Les Bonheurs dresseront leur front mélancolique, Du tombeau de l'Enfance où pleure leur relique,

Au recul de nos ans endormis.

Page 1