‹ Emile Nelligan et son œuvre. --Chapitre 35 sur 110 · LES ANGÉLIQUES · texte numérisé non relu

LES ANGÉLIQUES

Des soirs, j'errais en lande hors du hameau natal. Perdu parmi l'orgueil serein des grands monts roses. Et les Anges, à flots de longs timbres moroses, Ebranlaient les bourdons, au vent occidental.

Comme un berger-poète au cœur sentimental,

J" aspirais leur prière en l'arôme des roses,

Pendant qu'aux ors mourants, mes troupeaux de névroses

Vagabondaient le long des forêts de santal.

Ainsi, de par la vie où j'erre solitaire,

J'ai garde dans mon âme un coin de vieille terre.

Paysage ébloui des soirs que je revois ;

Alors que dans ta lande intime, tu rappelles. Mon cœur, ces angélus d'antan, fanés, sans voix : Tous ces oiseaux de bronze en\olés des chapelles !

22 EMILE XELLIGAX

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