‹ Emile Nelligan et son œuvre. --Chapitre 54 sur 110 · FRISSON D'HIVER · texte numérisé non relu

FRISSON D'HIVER

Les becs de gaz sont presque clos :

Chauffe mon cœur dont les sanglots S'épanchent dans ton cœur par flots, Gretchen !

Comme il te dit de mornes choses, Ce clavecin de mes névroses, Rythmant le deuil hâtif des roses, Gretchen !

Prends-moi le front, prends-moi les mains, Toi, mon trésor de rêves maints Sur les juvéniles chemins, Gretchen !

Quand le j;ivre ijui s'éternise Hi vernalement s' harmonise Aux vieilles glaces de Venise, Gretchen !

Et que nos deux gros chats persans Montrent des yeux reconnaissants Près de l'âtre aux feux bruissants, Gretchen !

Et qu'au frisson de la veillée.

S'élance en tendresse affolée

Vers toi mon âme inconsolée,

Gretchen !

Chauffe mon cœur, dont les sanglots S'épanchent dans ton cœur par flots.

Ees becs de gaz sont presque clos . . Gretchen !

6o EMILE NELLIGAN

SOIRvS D'OCTOBRE

— Oui, je souffre, ces soirs, démons mornes, chers Saints.

— On est ainsi toujours au soupçon des Toussaints.

— Mon âme se fait dune à funèbres hantises.

— Ah ! donne-moi ton front, que je cahne tes crises.

— Que veux-tu? je suis tel, je suis tel dans ces villes, Boulevardier funèbre échappé des balcons,

Et dont le rêve élude, ain.si que des faucons, L'affluence des sots aux atmosphères viles.

Que veux-tu ? je suis tel . . . Laisse-moi repo.ser Dans la langueur, dans la fatigue et le bai.ser, Chère, bien-aimée âme où vont les espoirs sobres . . .

Ecoute ! ô ce grand soir, empourpré de colères, Qui, galopant, vainqueur des batailles solaires. Arbore l'Etendard triomphal des Octobres !

YIRGILIENNES

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