FRISSON D'HIVER
Les becs de gaz sont presque clos :
Chauffe mon cœur dont les sanglots S'épanchent dans ton cœur par flots, Gretchen !
Comme il te dit de mornes choses, Ce clavecin de mes névroses, Rythmant le deuil hâtif des roses, Gretchen !
Prends-moi le front, prends-moi les mains, Toi, mon trésor de rêves maints Sur les juvéniles chemins, Gretchen !
Quand le j;ivre ijui s'éternise Hi vernalement s' harmonise Aux vieilles glaces de Venise, Gretchen !
Et que nos deux gros chats persans Montrent des yeux reconnaissants Près de l'âtre aux feux bruissants, Gretchen !
Et qu'au frisson de la veillée.
S'élance en tendresse affolée
Vers toi mon âme inconsolée,
Gretchen !
Chauffe mon cœur, dont les sanglots S'épanchent dans ton cœur par flots.
Ees becs de gaz sont presque clos . . Gretchen !
6o EMILE NELLIGAN
SOIRvS D'OCTOBRE
— Oui, je souffre, ces soirs, démons mornes, chers Saints.
— On est ainsi toujours au soupçon des Toussaints.
— Mon âme se fait dune à funèbres hantises.
— Ah ! donne-moi ton front, que je cahne tes crises.
— Que veux-tu? je suis tel, je suis tel dans ces villes, Boulevardier funèbre échappé des balcons,
Et dont le rêve élude, ain.si que des faucons, L'affluence des sots aux atmosphères viles.
Que veux-tu ? je suis tel . . . Laisse-moi repo.ser Dans la langueur, dans la fatigue et le bai.ser, Chère, bien-aimée âme où vont les espoirs sobres . . .
Ecoute ! ô ce grand soir, empourpré de colères, Qui, galopant, vainqueur des batailles solaires. Arbore l'Etendard triomphal des Octobres !
YIRGILIENNES