‹ Emile Nelligan et son œuvre. --Chapitre 58 sur 110 · PRESQUE BERGER · texte numérisé non relu

PRESQUE BERGER

Les Brises ont brui comme des litanies Et la flûte s'exile en molles aphonies.

Les grands bœufs sont rentrés. Ils meuglent dans l'étable Et la soupe qui fume a réjoui la table.

Fais ta prière, ô Pan ! Allons au lit, mioche, Que les bras travailleurs se calment de la pioche.

Le clair de lime ondoie aux horizons de soie : O sommeil ! donnez-moi votre baiser de joie.

VlRr.ILlENNES • 69

Tout est fermé. C'est nuit. Silence ... Le chien jappe. Je me couche. Pourtant le Songe à mon cœur frappe.

Oui, c'est délicieux, cela, d'être ain.si libre

Et de vivre en berger presque . . . Un souvenir vibre

En moi .... L,à-bas, au temps de l'enfance, ma vie Coulait ain.si, loin des sentiers, blanche et ravie !

EMILE NEI.I.ICtAN

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