‹ Emile Nelligan et son œuvre. --Chapitre 59 sur 110 · JARDIN SENTIMENTAL · texte numérisé non relu

JARDIN SENTIMENTAL

Là, nous nous attardions aux nocturnes tombées, Cependant qu'alentour un vol de scarabées Nous éblouissait d'or sous les lueurs plombées.

De grands chevaux de pourpre erraieut, sanguinolents,

Par les célestes turfs, et je tenais, tremblants,

Tes doigts entre mes mains, comme un nid d'oiseaux

[blancs.

Or, tous deux, souriant à l'étoile du soir, Nous sentions se lever des lumières d'espoir En notre âme fermée ainsi qu'un donjon noir.

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Le vieux perron croulant parmi Teffroi des lierres, Nous parlait des autans qui chantaient dans les pierres De la vieille demeure aux çrilles familières.

Puis l'Angelus, devers les chapelles prochaines, Tintait d'une voix grêle, et, sans rompre les chaînes, Nous allions dans la Nuit qui priait sous les chênes.

Foulant les touffes d'herbe où le cri-cri se perd, Invisibles, au loin, dans un grand vaisseau vert. Nous rêvions de monter aux astres de Vesper.

72 TÎMILE) NELUGAN

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