LES VIEILLES RUES
Que vous disent les vieilles rues Des vieilles cités?. . .
Parmi les poussières accrues De leurs vétustés,
Rêvant de choses disparues,
Que vous disent les vieilles rues?
Alors que vous y marchez tard Pour leur rendre hommage :
— " De plus d'une âme de vieillard Nous sommes l'image, "
Disent-elles dans le brouillard,
Alors que vous y marchez tard.
8o EMILE NKLUGAN
" Comme d'anciens passants nocturnes
" Qui longent nos murs, " En eux ayant les noires urnes
" De leurs airs impurs, " S'en vont les Remords taciturnes " Comme d'anciens passants nocturnes.
Voilà ce que dans les cités
Maintes vieilles rues Disent parmi les vétustés
Des choses accrues Parmi vos gloires disparues, O mornes et mortes cités !
EAUX-FORTIÎS FUNÉRAIRES gl
SOTRS D'AUTOMNE
Voici que la tulipe et voilà que les roses. Sous les geste massif des bronzes et des marbres. Dans le Parc où l'Amour folâtre sous les arbres, Chantent dans les longs soirs monotones et roses.
Dans les soirs a chanté Ja gaîté des parterres Où danse un clair de lune en des poses obliques, /Et de grands souffles vont, lourds et mélancoliques. Troubler le rêve blanc des oiseaux solitaires.
Voici que la tulipe et voilà que les roses Et les lys cristallins, pourprés de crépuscule. Rayonnent tristement au soleil qui recule, Emportant la douleur des bêtes et des choses.
Et mon amour meurtri, comme une chair qui saigne, Repose sa blessure et calme ses névroses. Et voici que les lys, la tulipe et les roses Pleurent les souvenirs où mon âme se baigne.