‹ Emile Nelligan et son œuvre. --Chapitre 63 sur 110 · LES CORBEAUX · texte numérisé non relu

LES CORBEAUX

T'ai cru voir sur mon cœur un essaim de corbeaux En pleine lande intime avec des vols funèbres. De grands corbeaux venus de montagnes célèbres Et qui passaient au clair de lune et de flambeaux.

Lugubrement, comme en cercle sur des tombeaux Et flairant un régal de carcasses de zèbres, Ils planaient au frisson glacé de nos ténèbres, Agitant à leurs becs une cbair en lambeaux.

Or, cette proie écbue à ces démons des nuits N'était autre que ma Me en loque, aux ennuis Vastes qui vont tournant sur elle ainsi toujours

Déchirant à larges coups de bec, sans quartier. Mon âme, une charogne épaisse au champ des jours, Oue ces vieux corbeaux dévoreront en entier.

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