‹ Emile Nelligan et son œuvre. --Chapitre 87 sur 110 · LE SAXE DE FAMILLE · texte numérisé non relu

LE SAXE DE FAMILLE

Donc, ta voix de bronze est éteinte :

Te voilà muet à jamais!

L'heure plus ne vibre ou ne tinte Dans la grand'salle que j'aimais,

Où je venais, après letude.

Fumer le soir, rythmant des vers, Où l'abri du monde pervers Eternisant ma solitude.

Sur le bufifet aux tons noircis De chêne très ancien, ton ombre Lamente-t-elle, Saxe sombre.

Toute une époque de soucis?

Serait-ce qu'un chagrin qui tue T'a harcelé comme un remords, O grande horloge qui t'es tue Depuis que les parents sont morts?

126 EMILE NELUGAN

Page 1