‹ Émile, ou, de l'Éducation (volume 2)Chapitre 10 sur 64 · LIVRE I 3.Î · texte numérisé non relu

LIVRE I 3.Î

comma 0 n?y $ i$nM$ mm eux d«* v&H&hU âtïàefësasnf, .Vun doit avoir peu de vigîiance, l'autre peu de dckîlif?.

Mais, quand ils se regardent comme devant passa* Utyt$ jours, ensemble, il Imt importe de sa faire, aimer .î%j de . l'autre, et car cela même ils se deviennent cher& L'élève r^e rougit point de suivre dans son enfance .fiâSî qu'il doit avoir étant grand.; le gouverneur prend Métèl ■S des soins dont 8 doit recueillir Se fruit, et tout le tnéftts qu'il donne à son élève est un fonds qu'il place au profit de ses vieux Jours.

Ce traité fait d'aisance suppose un accouchement heureux, on enfant bien formé, vigoureux et sain, Un pèrs n'a point de choix, et . ne doit point avoir de préférées' ckias la famille que Pieu lin donne : tous ses enfants sont également ses enfants ; il leur âmt à tons les mêmes s.cfln9 et la même tendresse. Qu'ils soient estropiés ou tîo& qu'ils soient tençu&sa&ts ou robustes, chacun d'eux est uxa dépôt dont il doit, compte à. la main dont il le tient-; $t .îe mariage est un contrat fait avec la nature aussi tàm qu'entre l^s conjoints,

Mais- quiconque s'impose un devoir que la nature ne lui a point imposé, doit s'assurer -auparavant des moyens d$ le remplir ; autrement, ïï se rend' comptable même de ce-qu'il n'aura pu faire. Celui qui se charge d'un élève fa* firme et valétudinaire, -change sa fonction de gouvèsoeuf en celle de garde-malade .; il perd à saigner une vie km» tile te temps qu'il destinait à en augmenter le pri&; il s'expose à voir une mère éplorée lui reprocher un Jour 1*1 mort d'un fils qu'il lui aura longtemps conservé,

je ne me chargerais pas d'un enfant maladif et cacochyme, dût-il vivre quatre vingts ans. je ne vm% -çpmi d'un élève toujours m utile à lui-même et aux antres, qxù s'occupe uniquement â se conserver, €$ dont le corps nuise à -l'éducation de l'âme. Que fer&is-je en lui prodiguant vainement mes soins, sinon doubler la perte de ta .société et lui ôter deux hommes pour un ? Qu'un autre, à mon défaut, se charge de cet infirme, j'y consens, et j'approuve sa chanté V mais mon talent, à moi, n'est pas celui-là : je ne sais point apprendre à vivre à qui ne songe qu'à s'empêcher de mourir.

Il faut que le corps ait de la vigueur pour obéir à l'âme : un bon serviteur doit ëîïo robuste. Je sais que l'intempérance excite les passions ; elle exiènuQ aussi ie corps à la longue : les macérations, les jeûne3, produisent souvent le même effet par une cause opposée, P2u3 le corps est feibfc, plm il commande ; plus il. est fort,

pJus û obéit Toutes 'les passion sensuelles logeât dans de$ corps efféminés ; et Us s'en irritent (i'aut&at plus qu'ils peuvent moins les satisfaire.

Un corps débile affaiblit l'âme. De là l'empire de la médecine, art plus pernicieux &ax hommes que tous tes maux qu'il prétend guérir. Je ne s&i% pour moi, de quelle maladie nom guérissent les médecins, mais je sais qu'ils nous en donnent de bien funestes : la lâcheté, la pusillanimité, la crédulité, la terreur de la mort ; s'ils guérissent ie corps, ils tuent le courage. Que nous importe qu'ils fassent marcher des cadavres ? ce sont des hommes qu'il nous faut, et l'on n'en voit point sortir de leurs mains,

La médecine est la mode parmi nous, elle doit ttètre. C'est L'-amusement de3 gens oisifs et désœuvrés, qui, ne sachant qus î&îie de hus temps, ie p&àseàît à se conserver, Slla av&iest en le malheur de rtl&ibe immortels, M seraient les plus misérables des êtres. Une vie qu'ils n'auraient jamais peur de perdre ne ##it pour eux d'aucun pris, Il faut -à ces gens-là des médecins qui les menacent pour les flatter, et 'qui leur donneni chaque jour le seul pbisir dont ils soient susceptibles, celui de n'être pas morts.

• Je n'ai nu! desssent de rr/étendre ici sur îa vanité de la médecine. Mon objet n'est que de la considérer ' par ■ Le côté moral, je ne puis pourtant m'empêcher d'observer que les hommes font sur son usage ies mêmes sophîsmes que sur la recherche de la vérité. Ils supposent toujours qu'en tràiismi un malade on le guérit, et qu'ea cherchant une vérité on la trouve. Ils ne voient pas qu'il fèut .baîsr«* cet l'avastage d'une guérisOn que ie médecin opère, par la mort de cent malades qifll a txé$, et l'utilité û'vne vérité découverte par le tort que font les erreurs qui pas* sent en même temps. La science qui instniit eî la méde- ■ cine ' qui guérit sont fort bonnes, sans doute ; mais la science qui trompe et la médecine qui tue sont mauvaises. Apprenez-nous donc à les distinguer. Voilà le riteud de La question. Si nous savions ignorer la vérité, nous ne serions jamais ies dupes du mensonge ; si nous savions ne vouloir pas guérir malgré ia nature, nous ce mourrions Jamais pur la main du médecin. Ces deux abstinences ocraient sages ; on gagnerait évidemment a s'y soumettra je ne dispiste donc pas que h médecine ne soit utils à quelques hommes, mais je dis qu'elle est funeste ou genre humain.

On me dira, comme on fait sans cesse, qm les fautes sont du médecin, mais que ia médecine en- elle-même £3$

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