LIVRE I
Avec plus d'expérience on saurait mieux faire, mais on ne le pourrait plus. Quiconque a remplit cet état une feife assez bien pour en sentir toutes les peines, ne tente point de s'y rengager; et s'il Ta mal rempli la première fois, C'est un mauvais préjugé pour la seconde.
Il est fort différent, j'en conviens, de suivre m Jeune homme durant quatre ans, ou de le .conduire durant vingtcinq. Vous donnez un gouverneur à votre fils déjà tout formé ; moi je veux qu'il en est un autre que de naître Votre homme, à chaque lustre, peut changer d'élève ; le mien n'en aura jamais qu'un. Vous distinguez le précepteur du gouverneur : autre folie ! Distinguez-vous le disciple de l'élève ? Il n'y a qu'une science à enseigner aux enfants, c'est celle des devoirs de l'homme Cette science est une, et, quoi qu'ait ait Xénophon de l'éducation ds3 Perses, eOe ne se partage pas. An reste, j'appelle piutàt gouverneur que précepteur le maître de cette science, parce qu'il s'agît moins pour lui d'instruire que- de conduire, iî ne doit point donner de préceptes, iî doit les faire trouver.
.S'il faut choisir avec tant de soin îe gouverneur, iî lui est bien -permis de choisir aussi son élève, surtout quand il s'agit û\m modèle à proposer. Ce-choix ne pmit tomber ni sur le génie, ni sur le caractère de l'enfant, qu'on ne connaît qu'à la fin de l'ouvrage, et que j'adopte avant qu'il soit né. Quand je pourrais choisir, je ne prendrais qu'un esprit commun, tel que je suppose mon élève. On n'a besofo d'élever que le3 hommes vulgaires ; leur éducation doit, seule servir d'exemple à celle de leurs semblables : les autres s'élèvent malgré qu'on en ait
. Le pays n'est pas indifférent à la culture é?s hommes ; ils ne sont tout ce qu'il peuvent être que dans les climats tempérés. Dans les climats extrêmes le désavantage est visible. Un homme n'est pas planté comme ua arbre dans im pays pour y demeurer toujours, et celui qui part d'un des extrêmes pour y arriver à l'autre, est forcé de faire le double du chemin que fait pour arriver au même terme celui qui part du terme moyen.
Que l'habitant d'un pays tempéré parcoure successivement les deux extrêmes, son avantage est encore évident ; car, bien qu'il sosî autant modifié que celui qui va d\m extrême à l'autre, iî s'éloigne pourtant de la moitié moins de sa constitution naturelle. Un Français vit en Guinée et en Laponie ; mais un Nègre ne vivra pas de même à Tornea ni un Ssrnoyède au Bénin. Il parai* encore qire l'organisation du cerveau est moins parfaite aux deuifi
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e^crSiru; s. ;kf N$gtt$ rà les Lspctui n'ont pas U S£n3-4i0 BftropœB. Si' fë veux donc que mon éleva puisse être jfoabitâïri' de -la terrs?, Je le preridxai dans une aone tenu^ê* $$£' r en .jEsance^ ro? ex^nipl^, plutôt qif&s
D^?i3 iê ûc^fe^hoïî^è embrument 'beaucoup sur «un soi 'iiîrêgîat ; rlans le midi"' ils consomment peu sur un ml &râ& : de là liait une , nouvelle différence qui rend ïe$ ion? labarr^us et les autres ■ conteînpïàtifs. La société', nous pîfre?en un même lien Ëfi&frgr de ces- différences entre tes' pa^weâ'#i'res"tkh?2S : ïss4. premiers habitent' ïe sol ingrat, ê1 •jte'.aartfes .le-pays,- fertile.
Le '.pauvre -n& pas &eso?n d.\1ducatib.n ; celle fle son é'jtstt est forcée, il n^eu saurait avoir cintre au contraire, ifeducsiioD que te tffcïf* tùçêH de son état zsi celle qui 3ùJ çûirdem le ;xiîpfïis, ■et polir lui-même et pour b société- DTaâiéiL% FétliicallQTj naturelle doit rendre un îiomnip jftppre à tefcfces les conditions humaines : or, ii est moins t^&oànàble cfélever m pauvre pour être liehç qu'un liehô pour être pauvre ; car, J proportion du nombre des (fe«K liais, îi'y a pïm de ruinée que de parvenus. Cftaik ■gfeon.S'- cToïlc tin- riche: nous- serons sûrs à« moins d'avoir to ¥un homme ds plus, an lieu <$u*ua pauvre peut devenir ■faaxpise cl§ lucarne,-
, fc la mBmz raison, |e -ne sera? pas, fa&ihê qu'Enufe g|t % la. naissance. Ce sera toujours une victime arrachée au
Emile est orphelin. 0 -n'importe -qu'il ait son père et sa
ciêfe. Chargé de leurs devoirs, je succède à tous leurs droits. U doit- honorer ses ^parents, mais il ne doit obéir ■qu'à mai, c'est ma première, ou plutôt ma seule condi-
î&fc.
j'y dc& ajouter ceïd-ci, q^î n'en est qu'une suite, qu'on ttg -nous 4tens. Jamais l'un à l'autre que de notre eonsenttenesî. C&tte c'te;se est essentielle, et Je voudrais même <Jue lÎKàve. et le -gouverneur se regardassent tellement ooazme -inséparables» que le sort de îexirs fours fût tonfaurs entre eux. un objet commun. Sitôt qu'ils envisagent l'éloignement 1 ïmî séparation, sitôt qu'ils prévoient
a'V restent qu'à contre-cœur. Le disciple ne regarde le maître que comice renseigne et îe fléau de l'enfance le