‹ Émile, ou, de l'Éducation (volume 2)Chapitre 14 sur 64 · B.S EMILE · texte numérisé non relu

B.S EMILE

Ses peupks entiers qui n'en ont point d^utre s'en trouvent fort bien et tout cet appareil d'absorbants me paraît une pure charîatanerie. ïl y a des tempéraments auxquels le lait ne convient point, *et alors nu! absorbant

ne le leur rend supportable ; les autres le supportent

is absorbants. On craint le lait trié ou caillé ; c'est une folie, puisqu'on sait que le lait se caille toujours dans l'estomac. C'est ainsi qu'il devient un aliment assez: solide pour nourrir les enfants et les petits des animaux : s'il ne se caillait point, i! ne ferait que passer, il ne les nourrirait pas (!). On a beau couper le lait de mille

; digère c\u fromage ; cela est sans exception. L'estomac est si bien fait pour cailler le lait que c'est avec

-:omac de veau que se fait la présure.

je pense donc qu'au lieu de changer la nourriture ordinaire des nourrices, i! suffit de la "leur donner plus abondante et mieux choisie dans son espèce. Ce n'est pas par la nature des aliments que Se maigre' échauffe :

st leur assaisonnement seul qui les rend malsains.

•orniez les règles de votre cuisine, n'ayez ni roux ni friture ; que îe beurre, ni le sel, ni le laitage, nei passent point sur le feu ; que vos légumes cuits à l'eau ne soient assaisonnés qu'arrivant tout chauds sur la table : îe maigre, loin d'échauffer la nourrice, lui fournira du lait en abondance et de la meilleure qualité (2). Se pourrait-il que îe régime végétal étant reconnu le meilleur pour "f enfant, îe régime animal fût le meilleur pour la nour* ftce ? il y a de la contradiction à cela.

C'est surtout dans les premières années de la vie que l'air agit sur la constitution des enfants. Dans une peau délicate et molle il pénètre par tous les pores, i! affecte puissamment ces corps naissants, il leur laisse des impressions qui ne s'effacent point. Je ne serais donc pas d'avis qu'on tirât une paysanne de son village pour renfermer en ville dans une chambre et faire nourrir î'enfasit manières, user de mille absorbants, quiconque mange du chez soi, j'aime mieux qu'il aille respirer le bon ak de

y. Bien que ïes> sucs qui nous nourrissent soient en liqtiettrV

ils doivent être exprimés d'aliments solides. Un homme au

travail qui ne vivrait que de bouillon dépérirait très promp-

tement : il se soutiendrait beaucoup mieux avec du lait, parce

qu'il se caille.

2. Ceux qui voudront discuter plus au long: les' avantages et

inconvénients du régime pythagoricien pourront consulter

traités que les docteurs Cocchi et Biasclii m®, ôdvcrsaiî %

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