‹ Émile, ou, de l'Éducation (volume 2)Chapitre 23 sur 64 · FIN DU LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

FIN DU LIVRE PREMIER

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blV&fi SECOND

. C'est îcs le sftcq^d ($|Rge de k sfe, et celai a%p$l p*oprement fitât l'tafâjCKe ; car Jea snots /A/683 et #tefl? os agot pas syacsyines. ^.e prémîer est comptô» d&ss fasrtrç, c* &sgni& qui #e pàtf pçrtér, d'où vient que <tess Valèrs M&xtaae on trouva fçtçmm i&f&%îem. Mais Je conttoae à xae servir de ce mot sf^ion l'usage é& r.ofre langue, jusqu'à l'âge pour lequel' elle a 'd'autres nos^.

Quand le» priants çonraenceat à parler, ii$ pleurent moins. Ce progrès est naturel, un langage est substitua à l'autre. Sitôt qii'Ss peuvent diare qu'ib seuffjreaft avec û& paroles, pourquoi k difaîent-îls avec des crë, si ce n'e&t quaud la douleur est fo:qp vive pour que ta parole puiai»? l'exprimer? S'ils (^atiniséat alors à pleurer, c'est La i suis çles geasqtai &w*i autour d'eux. Des qu'une fois Emite <aura dit fa/ mal ii faudra des douleurs bien ?ives pour I3 forcer de .pleurer.

Sf l'enfant est déUç&t, sensible, q&e natiirelknisnt il se mate ^ crîer pof$ rien, en rendant ces cria icatto fct j^ana eEet, j'en tarâ btëatôi la source. Tast qu'il pleure, }fc ne vsib point à 'lui ; "j'y cours sitôt qu'il s'est ta. Êientôt fta caarâère cte in'appeier sera de se taire, ou tout au plus de Jeter un seul cri. C'est p«j l'effet sensible des signes que tes enfants jugent de leurs sens ; il n'y a point d'autre convention pour eux : quelque mal qu'un enfant se fasâe, il est trèa rare qu'il âeure quand ii est $$u)0 à c&îas çp'il n'ait rc?pQ$ d'Itrc çfttatfta» . .

S'il tombe, s'il se fait une bosse à la tête, s'il saigne du nez, s'il se coupe les doigts, au lieu de m'empresser autour de lui d'un air alarmé, je resterai tranquille, au moins pour un peu de temps. Le mal est fait, c'est une nécessité qu'il l'endure ; tout mon empressement ne servirait qu'à l'affrayer davantage et augmenter sa sensibilité. Au fond, c'est moins le coup que la crainte qui tourmente quand on est blessé. Je lui épargnerai du moins cette dernière angoisse, car très sûrement il jugera de son mal comme il verra que j'en juge : s'il me voit accguiir avec inquiétude, le consoler, le plaindre, il s'estimera perdu : s'il me voit garder mon sang-froid, ii reprendra bientôt le sien et croira le mal guéri quand ii ne le sentira plus. C'est à cet âge qu'on prend les premières leçons de courage et que, souffrant sans effroi de légères douleurs, on apprend par degrés à supporter les

» antres»

Loin d'être attentif à éviter qu'Emile ne se blesse, }e serais fort fâché qu'il ne se blessât et qu'il grandit sans connaître la douleur. Souffrir est la première chose qu'il doit apprendre, et celle qu'il aura le plus grand besoin de savoir, il semble que les enfants ne soient petits et faibles que pour prendre ces importantes leçons sans danger. Si l'enfant tombe de son haut, ii ne se cassera pas la jambe ; s'il se frappe avec un bâton, il ne se cassera pas le bras ; s'il saisit un fer tranchant, il ne serrera guère, et ne se coupera pas bien avant. Je ne sache pas qu'on ait jamais vu d'entant en liberté se tuer, s'estropier, ni se faire un mal considérable, à moins qu'on ne Ysxt indiscrètement exposé sur ézs lieux élevas, ou seul autour du l'eu, ou Qu'on n'ait laissé des instruments dangereux ■>. sa portée. Que dire de ces magasins de machines Qu'on rassemble autour d'un enfant pour l'armer de toutes pièces contre la douleur, jusqu'à ce' que, devenu grand, il reste à sa merci, sans courage et sans expérience, qu'il se croie mort à la première piquûre, et s'évanouisse en voyant la première goutte de son sang ?

Notre manie enseignante et pédaniesque est toujours d'apprendre aux entants ce qu'ils apprendraient beaucoup mieux d'eux-mêmes, et d'oublier ce que nous aurions pu seuls leur enseigner. V a-t-il rien de plus sot que la peine qu'on prend pour leur apprendre à marcher, comme si l'on en avait vu quelqu'un qui, par la négligence de sa nourrice, ne sût d&3 marcher étant grand ?* Combien voiton de gens au contraire marcher mal toute leur vie parce qu'on leur a mal appris à marcher ?

Emile n'aura ni bourrelets, ni paniers roulants, ni cha-

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