LIVRE II
riçrtâ, ai lisières ; ou. du moins, dès qu'il c/jfirnencera dG savoir mettre un pied devant l'autre, on ne le soutiendra que sur les lieux pavés, et l'on ne fera qu'y passer en hâte (l). Au lieu de îe laisser croupir dans l'air usé d'un® chambre, qu'on le mène journellement au milieu d'un $ré. Là, qu'il coure, qu'il s'ébatte, qui! tombe cent fois îe jour, tant iiieux : il en apprendra plus tôt à se relever. Le bien-être de la liberté rachète beaucoup les blessures. Monrélève aura souvent des contusions ; en revanche 'û sera toujours gai i si les vôtres en ont moins, ils sont toujours contrariés, toujours enchaînés, toujours tristes, Je doute que le profit soit de leur côté.
Un autre progrès rend aux enfants la plainte, moins nécessaire, c'est celui de leurs forces. Pouvant plus .par eux-mêmes, ils ont un besoin moins fréquent de recourir. à autrui/Avec leur force se développe là connaissance qui les met en état de la diriger. C'est à ce second ûegrê que commence proprement la "vie de l'individu, c'est alors qu'il prend la conscience de lui-même. La mémoire ëiQtié îe sentiment de l'identité sur tous les moments de son existence ; ii devient véritablement un, h même, et par conséquent déjà capable de bonheur ou de misère. ÎI importe donc de commencer à le considérer ici comme un être moral.
Quoiqu'on assigne à peu ores îe plus long terme de la vie humaine et les probabilités Qu'on a d'aoprocher de ce terme à chaque âge, rien n'est plus incertain que la durée de la vie de chaque homme en particulier ; très peu parviennent à ce plus long terme. Les plus grands risques de la vie sont dans son commencement ; «moins on a vécu, moins on doit espérer de vivre. Des enfants qui naissent, la moitié, tout au plus, parvient à l'adolescence, et il est probable que votre élève n'atteindra pas Page d'homme.
Que faut-il donc penser de cette éducation barbare qui sacrifie le présent à un avenir incertain, qui charge un enfant de chaînes de toute espèce, et commence par le rendre misérable pour lui préparer au loin je n%e sais quel prétendu bonheur dont il est à croire qu'il ne jouira jamais? Quand je supposerais cette éducation raisonnable dons son objet, comment voir sans indignation de pauvres infortunés soumis à un joug insu ible, et condamnés
à des travaux continuels comme des galériens, sans être
i. Il n\y a rien de plus ridicule et de plus mal assuré que la démarche des gens qu'on a trop menés par la lisière étant petits. C'est encore ici une de ces observations triviale* à force d'être justes, et qui sont justes en plus d'un sens.
te EMILE :
&&ur*-3 .";■' die sàïm letir s$#5..ni Sasnaii* milea ! tAfgé da :^ gaieté se passe au milieu des pie-ara, des chStigfeàts, cten r^eiiaces, de L'esclavage. On tourmente le malheureux pour son bien, et Von ne voit pas là r&èti qu'on appelle*, çt q»i va le saisir au milieu de ce. triste appareil Qui sait cçgibies d'enfants périssent viciées de l'extravagante sagaase d'un phïe ou d'un maître ? Heureux d'échapper a tà cruauté, îs seul avantage qu'ils tirent de? maux qu'i* ie^r a fait sotiilnr est de moçtir sapai regretter 3 a viea dont ils n'ont connu que le? tourments.
Horsimes, soyez Ênnn^ins, c'£§t v$ifé premier devoir ; çoyes-ife pour ton» fe3 états, poi^r taù$';-fe# àgss? pour iotft c^'qui !^e$: pas -étranger à.rfeoiîp^ Quelle" Sa gesse y &~ tfH pour vous hors de l'hiimanité ? AiipÉS? l'enfance ; îstvotôipèa: ses jeu?;, ses plaisirs, son aimable instinct. Ouf de vom n'a pas regreicé quelquefois cet âge où le rire tt$t t§i$lwr$ sur les lèvres et où l'âme e&t toujours en paix ? Pourquoi voulez-was ôter à ces petits Innocents la jou&« f$pce d'ais temps éî court qui J'êtir échappe, et d'un bien et précieux dont ils ne sauraient abuser ? Pourquoi voulez vous remplir d'&xrejrtirtk&et de doaleurs ces premiers, ar.8 ei rapides, qui ne reviendront pas plus pour eux qu'ils tj*. peuvent revenir pour voaé? Pères, sàvçi-vous Le Erè&tssent où la mort attend vos enfants ? Me vous préparer pas des regrets en leur ôtant le peu d'instàpis que la' nature' tevi donne: aussitôt qu'ils peuvent wniiz te plaisir d'ôire, &>tês qifiis en jouissent ; faites qu*à quelque, heure qi?e 'Dmi te appelle, ils ne meurent point sà$3 avoir tfoôté la vie.
Que de vpîx vont s'élever contre moi î VenitrAs de foin les clameurs. de cette fausse sagesse q%î nous jette incess^nîriientMîors , de nous, qui compte toujours le pté^vt P'our," rien, et poursuivant teins relâche un' avenir, qui fuît ^raesure Qu'on avance, .:'.. force' de nous transporter où fiouâ ne sommes pas, nous transporte où nous ne à^pha jamais i ;.■/*"»
•C'est. me répondez-vous, îe temps de corriger les mauvaises inèjkiatiôiis de Phoiïriîe; c'est dais Pape de V©n* &ncé, où les peines sopt le. .moins sensibles, qu'il f^W fe';i ràultiplier. pour les épargner ctsus Tâge de raison. ftfàla qui vous dit que tout cet arrangement est à votre disp>stfion, et que toutes ces belles instructions- dont vous âçca- Wes le faible çsprii d'un enfant ne lui seront pas un font plus pernicieuses ^ù'atikss? Qui vous asàire que vous
œnts sont à la • décharge- de i'ave&r? et comment me