‹ Émile, ou, de l'Éducation (volume 2)Chapitre 28 sur 64 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

pss l'autorité, mais la liberté. L'homme vraiment libre ne v&uî que ce qu'il peut, et fait ce qu'il lui, pîaît. Voilà nia maxime fondamentale, !! m; s'agit que de l'appliquer h l'enfant, et toutes les règles de l'éducation vont en découler»

La société a fait l'homme plus faible, tiœi seulement en lus ôtant le droit qu'il avait sur ses propres forces, mais surtout en les lui rendant insuffisantes. Voilà pour* quoi ses désirs se multiplient avec sa faiblesse, et voilà ce qui fait celle de l'enfance comparée â l'âge d'homme, Si l'homme est un être fort, et si l'enfant est un être faible, ce n'est pas parce que le premier a plus de force absolue que le second, mais c'est parce que te premier pnut naturellement se suffire à lui-même et que l'autre ne le peut. L'homme doit donc avoir plus de volontés, et l'enfant oîus de fantaisies ; mot par lequel j'entends tous les désirs qui ne sont pas de vrais besoins, et qu'on m peut contenter qu'avec le secours d'autrui.

J'ai dit la raison de cet état de faiblesse, La nature v pourvoit nar {'attachement des pères et des mères ; n cet attachement peut avoir mn excès, son défaut, ses» abus. Des parents qui vivent dans l'état civil y transportent leur enfant avant î'âge. En lui donnant plus de besoins qu'il n'en a, ils ne soulagent pas sa faiblesse, ite l'augmentent. Ils l'augmentent encore en exigeant ûq lui ce que la nature n'exigeait pas ; en soumettant â leurs volontés ïe peu de force qu'il a pour servir les siennes ; en changeant de part ou d'autre en esclavage la éévenfante réciproque où le tient sa faiblesse et où les tient leur attachement

L'homme sage sait rester â sa p!aee s maïs F enfant, qui ne connaît pas la sienne, ne saurait s'y maintenir. H a r^amif nous mille issues pour en sortir ; c'est à cetnc qui le gouvernent â Fy retenir, et c&ite tâche n'est pas facile. H ne doit être ni bête ni homme, mais enfant ; il faut qu'il senie sa faiblesse et non qu'il en souffre ; iî faut qu'il dèpenût et non qu'il obéisse ; il faut qu'il demande et mm qu'il commande, il n'est soumis aux autres qu'à cause de ses besoins, et parce qu'ils voient mieux que lui ce qui lui est utile, ce qui neut contribuer ou nuire, à sa conservation. Nul n'a droit, pas même le pè)*e, de commander â l'enfant ce qui ne lui est bon à rien.

Avant que les préjugés et les institutions humaines ûitrd altéré nos penchants naturel», le bonhùur des t&* fante, ainsi que des tommes* consiste 4&a$ l'usage 4$

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