LIVRE Q ï
ébftsfërtfêr le eorpg dans une tmpè?&iuî® uniforme, la même ù peu près dans toutes les saisons et à toutes tes heures du jour. Ceux, au contraire, qui vont et viennent, au vent, au soleil, à la, pluie, qui agissent beaucoup et passent la plupart de leur temps sua dio, doivent SXtq toujours vêtus légèrement, afin de s'habituer à toutes les vicissitudes de l'air et à tous les degrés de température, sans en être incommodés. Je conseillerai aux uns et aux autres de ne point changer d'habits selon les saisons, et ce sera la pratique constante de mon Ensile : en quoi jô n'entenda pas qu'il porte l'été ses habits û'èté, comme les gens sédentaires, mais qu'il porte l'hiver ses habits d'été, comme les gens laborieux. Ce dernier usage a été celui du chevalier Newton pendant toute sa vie et 0 a vécu quatre-vingts ans.
Peu ou point de coiffure en toute saison. Les anciens Egyptiens avaient toujours la tête nue ; les Perses la couvraient de grosses tiares, et la couvrent encore de gros turbans, dont, selon Chardin, l'air du pays leur rend l'usage nécessaire, j'ai remarqué dans un autre endroit (i) la distinction que Ht Hérodote sur un champ de bataille entre les crânes des Perses et ceux des Egyptiens Coœne donc il importe que tes os de la tête deviennent plus durs, plus compacts, moins- fragiles et moins poreux, pour mieux armer le cerveau non seule* ment contre les blessures, mais contre les rhumes, les fluxions et toutes les oppressions de l'air, accoutumez vos enfants à demeurer été et hiver, jour et nuit, toujours tête nue. Que si, pour la propreté et pour tenir leurs cheveux en ordre, vous leur voulez donner une coiffure durant la nuit, que ce soit un bonnet mince à claire-voie, et semblable au réseau dans lequel les Baa* ques enveloppent teurs cheveux. Je sais bien que la plupart des mères, plus frappées de l'observation de Chardin que de mes raisons, croiront trouver partout l'air da Perse ; mais moi je n'ai pas choisi mon élèvs eoropéeri pour en faire un asiatique.
En général on habiîîe trop les enfants, et surtout durant le premier âge. Il faudrait plutôt tes endurc&r nu froid qu'au chaud ; le grand froid ne les incommode jamais quand on les y laisse exposés de bonne heure, mais le tissu de leur peau, trop tendre et trop lâche encore, laissant un trop* libre passage à la transpiration,
t. lettre à M. â'Almbtrt sur les spectacles^ p^fie l$9> P1** tnière édition*
las livre par i^uâm^ cfiaîeur à im épvti&êmai Inévitable. Aussi remanque-t-on qui! en meurt plus dans le mois d'août que dans aucun autre moia D'ailleurs iî paraît constant, par la comparaison des peuples du Nord eï de ceux du Midi, qu'on "se rend plus robuste en supportant l'excès du froid que l'excès de la chaleur. Mais â mesure que l'enfant grandit et que ses fibres se fortifient, accoutumez-le peu à peu à braver les rayons du soleil ; en allant par degrés vous l'endurcirez sans danger aux ardeurs de la zone torride.
Locke, au milieu des préceptes mâles et sensés qu'il nous donne, retombe dans des contradictions qu'on rrattâsdraH pas <ïm raisonneur aussi exact. Ce même homme qui veut que les enfants se baignent l'été dans l'eau glacée, ne veuf pas, quanû ils sont échauffés, qu'ils bolvent frais, ni qu'ils se couchent par terre dans des endroits humides (î). Mais puisqu'il veut que les souliers des enfants prennent l'eau dans tous les temps, la prendront-ils moins quand l'enfant aura chaud ? et ne peuton pas lui faire du corps, par rapport aux pieds, les mêmes inductions qu'il fait des pieds par rapport aux mains, et du corps par rapport au visage ? Si vous voulez, lui dirais-je que l'homme soit tout visage, pourquoi aie blâmez-vous de vouloir qu'il soit tout pieds?
Pour empêcher les enfants de boire quand ils ont ment un morceau de pain avant que de boire. Cela est chaud, iî prescrit de les accoutumer à manger préalablebien étrange que quand l'enfant a soif il faille lui donner à manger ; j'aimerais mieux, qxmnû il a faim, lui donner à boire. Jamais on ne me persuadera que nos premiers appétits soient si déréglés, qu'on ne puisse les satisfaire sans nous exposer à périr. Si cela était, le genre humain se fût cent fois détruit avant qu'on eût appris ce qu'il faut faire pour le conserver.
Toutes les fois qu'Emile aura soif, Je vêtus qu'on lui donne à boire ; je veux qu'on lui donne de l'eau pure et sans aucune préparation, pas même de la faire dégourdir, iût-îl tout en nage, et fût-on dans le cceur de l'hiver. Le seul soin que je recommande est de distinguer la qualité des eaux. Si c'est de l'eau de rivière, donnez-la-lui sur-lechamp telle qu'elle sort de la rivière ; si c'est de l'eau de
î. Comme si les petits paysans clioîsîssaîent^ la terre bien -sèche pour s'y asseoir ou pour s'y coucher, et qu'ont eût Jamais ouï dire que l'humidité de la terre eût fait du mal à pas un d'eux. A écouter là-dessus tes médecins on croirait le» tautest pCKtoa de rhumatismes»
inelqtie temps à Fait a\*âûï qtfal la boive*. Dans les saisons chaudes, les rivières sont chaudes; i! n'en es* pas de même des sources, qui n'ont I pas reçu îe contact de l'air ; il faut attendre qu'elles soient a la température de l'atmosphère. L'hiver, au ccmjjbraire, l'eau de source est h cet égard moins dangereuse . que l'eau de rivière; maïs il n'est ni naturel ni fréquest qu'on se mette l'hiver en sueur, surtout en plein air3 car l'air froid, frappant incessamment sur la peau, répercute tedans la sueur et empêche lea pores de s'ouvrir assez pour lui do- , Or, Je ne prétends pas
qu^EiiK ^rce l'hiver au coin d'un bon feu, mais
dehors, en pleine camj au milieu des glaces. Tant
qu'il ne s'échauffera qu'à taire et lancer des balles de neige, laissons-le boire quand û aura sol! ; qu'il continue de s'exercer après avoir bu, et n'en craignons aucun accident Que si par quelque autre exercice, il se mm en sxitiiT et qu'il ait soif, qu'il boive froid, même en ce temps-là ; faites seulement en sorte de le mener au îoîn fet à petits pas chercher son eau. Par îe froid qu'on suppose, il sera suffisamment rafraîchi en arrivant pour fa boire sans aucun danger. Surtout prenez ces précautions sans qu'il s'en aperçoive. J'aimerais mieux qu'il fût quelquefois malade que sans cesse attentif à sa santé. j
Il faut un long sommeil aux enfants, parce qu'ils font an extrême exercice. L'un sert de correctif à l'autre ; aussi voit-on qu'ils ont besoin de tous deux, Le temps du repos est celui de la nuit; il est marqué par la nature. C'est une observation constante que le sommeil est plus tranquille et pins doux tandis que îe soleil est sous l'horizon, et que l'air échauffé de sis rayons ne maintient pas nos sens dans un si grand calme. Ainsi l'habitude fa plus salutaire est certainement de se \Q\Ttr et de se coucher avec le soleil. D'où il suit que dans nos climats l'homme et tous les animaux ont en général besoin de dormir plus
igtemps l'hiver que l'été. Mais ia vie civile n'est pas ■?z naturelle, assez exempte de révolutions, d'accidents, pour -qu'on doive accoutumer rhcnime à cette uniformité, au point de la lui rendre nécessaire. Sans doute il faut s'assujettir aux règles; niais la pre^ mière est de pouvoir les enfreindre sans risque quand la nécessité le veut. N'allez donc pas amollir indiscrètement votre élève dans îa continuité d'un pai ornmeil qui
ne soit jamais interrompu. Livrez-le d'abord sans gêne û la loi de la nature ; mais n'oublie:: pas que parmi nous être au-<içssus de cette loi ; qu'il doit pouvoir. ££