LIVRE III
. et l'habitude ne se gagne qu'avec le temps. Auquel des métiers, dont le choix dous reste à faire, donaera-t-H donc le temps pour s'y rendre diligent? Ce n'est plus que de i qu'il s'agit.
Donnez à l'homme un métier qui convienne à son sexe, »*t .u jeune homme un métier qui convienne à son âge: toute prolentaire el casanière, qui efféminé et ramollit lecorps, ne lui plaît ni ne lui convient. Jamais jeune garçon n'aspira de lui à être tailleur; il faut de l'art p >ur porter à ce
bt de femmes le sexe pour lequel il n'es! pas fait'. ï.'ai- • ne sauraient être maniées par les mômes mains. c?i j'étais souverain, je ne permettrais la couture et les métiers à l'aiguille qu'aux femmes et aux boiteux réduits à s'occuper comm a supposant les eunuques nécessaires, je trouve
ies Orientaux bien Ions d'en faire exprès. One ne se contenlent-ilï l qu'a faits la nalnre, de ces foules d'hommes
.àehes dont elle a mulile le cœur? ils en auraient de reste pour soin. Tout homme faible, délient, craintif, esL condamné par elle à la vie sédentaire ; il est fait {jour vivre avec les femmes où à leur manière. Qu'il exerce quelqu'un des métiers \u\ leur sont propres, à la bonne heure; et, s'il faut absolument <ie vrais eunuques, qu'on réduise à cet élat les hommes qui déshonorent leur sexe en prenant des emplois qui ne lui conviennent pas. Leur choix annonce l'erreur de la nature: corcelte erreur de manière ou d'aulre, vous n'aurez fait que du bien.
J'interdis à mon élève les métiers malsains, mais non pas les métiers pénibles, ni môme les métiers périlleux. Ils exercent à la (ois la force et le courage ; ils sont propres aux hommes seuls ; les femmes n'y prétendent point : comment n'ont-ils pas honte d'empiéter sur ceux qu'elles font?
I.uctantur pauese, comedunt coliphia paucae. Vos lanam trahitis, calathisque peracta refertis Yellera '-'...
En Italie on ne voit point de femmes dans les boutiques; et l'on ne peut rien imaginer de plus triste que le coup d'œil des rues de ce pays-là pour ceux qui son accoutumés à celles de
1. Il n'y avait point de tailleurs chez les anciens : les habits des hommes se faisaient dans ia. maison par les femmes. 1. Juven., Sal. II, 53.
France et d'Angleterre. En voyant des marchands de modes vendre aux dame? des rubans, des pompon*, du réseau, de la chenille, je trouvais ces parures délicates bien ridicules dans de grosses mains, faites pour scuifler la forge et frapper sur l'enclunv'.Jeme disais : Dans ce pays les femmes devraient, par représailles, lever des boutiques de fourbisseurs et d'armuriers. Eh! que chacun fasse et vende les armes de son sexe. Pour les connaître, il les faut employer.
Jeune homme, imprime à tes travaux la main de l'homme. Apprends à manier d'un bras vigoureux la hache et la scie, à équarir une poutre, à monter sur un comble, à poser le faite, à l'affermir de jambes-de- force et d'eulraits; puis crie à ta sœur de venir t'aider à ton ouvrage, comme elle te disait de travaillera son point croisé.
J'en dis trop pour mes agréables contemporains, je le sens; mais je me laisse quelquefois entraîner à la force des conséquences. Si quelque homme que ce soit a honte de travailler en public armé d'une doloire et ceint d'un tablier de peau, jene vois plus en lui qu'unesclave de l'opinion, prêta rougir de bien faire, sitôt qu'on se rira des honnêtes gens.Toulefois cédons aux préjugés des pères tout ce qui ne peut nuire au jugement des enfants. 11 n'est pas nécessaire d'exercer toutes les professions utiles pour les honorer toutes; il suffit de n'en estimer aucune au-dessous de soi. Quand on a le choix et que rien d'ailleurs ne nous détermine, pourquoi ne consulterait-on pas l'agrément, l'inclination, la convenance entre les professions de même rang? Les travaux des métaux sont utiles, et même les plus utiles de tous; cependant, à moins qu'une raison particulière ne m'y porte, je ne ferais point de votre fils un maréchal, un serrurier, un forgeron ; je n'aimerais pas à lui voir dans sa forge la figure d'un cyclope. De même je n'en ferai pas un maçon, encore moins un cordonnier. Il faut que tous les métiers se fassent ; mais qui peut choisir doit avoir égard à la propreté, car il n'y a point là d'opinion; sur ce point les sens nous décident. Enfin je n'aimerais pas cesstupides professions dont les ouvriers sansindustrieet presque automates n'exercent jamais leurs mains qu'au même travail; les tisserants, les faiseurs de bas. Les scieurs de pierres : à quoi sert d'employer à ces métiers des hommes de sens? c'est une machine qui en mène une autre.
Tout bien considéré, le méiier que j'aimerais le mieux qui