‹ Émile, ou, De l'éducation (volume 3)Chapitre 129 sur 300 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

. il n'a de véritable ami que celui qui n'est pas la dupe dei appât [ui le plaint plus qu'il ne l'envie, malgré sa

prospérité.

On est touché du bonheur de certains états, par exemple, ■de la vie champêtre et pastorale. Le charme de voir ces bonnes geas heureux n'esl point empoisonné par l'envie, on s'intéresse à oui véritablement. Pourquoi cela? parce qu'on se sent maître de descendre à cet état de paix et d'innocence, et de jouir de la même félicité; c'est un pis-aller ({ni ne donne que des idées ■ les, attendu qu'il su! lit d'en vouloir jouir pour le pouvoir. Il y a toujours du plaisir à voir ses ressources, à comtempler son propre bien, même quand on n'en veut pas user.

Il suit de là que, pour porter un jeune homme à l'humanité, loin de lui faire admirer I»1 sort brillant des autres, il faut le lui montrer par les côtés tristes; il faut le faire craindre. Alors, par une conséquence évidente, il doit se frayer une roule au bonheur, qui ne soit sur les traces de personne.

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