‹ Émile, ou, De l'éducation (volume 3)Chapitre 285 sur 300 · KM ILE · texte numérisé non relu

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plier, le gouvernement n'en acquiert pas une plus grande force réelle, parce qu'il est dépositaire de colle de l'État, que nous supposons toujours égale. Ainsi, par celle pluralité, l'activité du ern ment diminue sans que sa force pui-se augmenter.

Après avoir trouvé que le gouvernement se relâche à mesure que les magistrats se multiplient, et que, plus le peuple est nombreux, plus la force réprimante du gouvernement doit augmenter, nous conclurons que le rapport des magistrats ou f eraement doit être inverse de celui des sujets au souverain ; c'est-à-dire que plus l'État s'agrandit, plus le gouvernement doit se resserrer, tellement que le uooibre des chefs diminue eu raison de l'augmentation du peuple.

Pour fixer ensuite cette diversité de formes sous des dénominations plus précises, nous remarquerons en premier lieu que le souverain peut commettre le dépôt du gouvernement à tout le peuple ou à la plus grande partie du peuple, en sorte qu'il y ait plus de citoyens magistrat? que de citoyens simples particuliers. On donne le nom de démocratie à cette forme de gouvernement.

Ou bien il peut resserrer le gouvernement entre les mains d'un moindre nombre, <m sorte qu'il y ait plus de simples citoyens que de magis(ats;et cette forme porte le nom d'aristocratie;

Knfin il peut concentrer tout le gouvernement entre les mains d'un magistrat unique. Celte troisième forme est la plus commune, et s'appelle monarchie ou gou\eruement royal.

.Nous remarquerons que toutes ces formes, ou du moins les deux premières, sont susceptibles de plus et de moins, et ont même une assez grande latitude. Car la démocratie peut embrasser tout le peuple ou se resserrer jusqu'à la moitié. L'aristocratie, à son tour, peut de la moitié du peuple se resserrer indéterminément jusqu'aux plus petits nombres. La royauté même aumet quelquefois un partage, soit entre le père et le fils, soif e deux frères, soit autrement.il y avait toujours deux roi> à Sparte, et l'on a vu dans l'empire romain jusqu'à huit empereurs à la fois, sans qu'on pût dire que l'empire fût divisé. Il y a un point où chaque forme de gouvernement se confond avec la suivante; et, sous trois dénominations spécifiques, le gouvernement est réellement susceptible d'autant de formes que l'Etat a de citoyens.

Il y a plus : chacun de ces gouvernements pouvant à certains Bobd'rvisereB diverses parties, l'une administrée d'une

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