‹ Émile, ou, De l'éducation (volume 3)Chapitre 286 sur 300 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

manière et l'autre d'une au Ire, il peut résulter de ces trois formes combinées une multiLude de formes mixtes, dont chacune est multipliable par toutes les formes simples.

On a de tout temps beaucoup disputé sur la meilleure forme de gouvernement, sans considérerque chacune est la meilleure en certains cas, et la pire en d'autres. Pour nous, si, dans les différents Étals, le nombre des magistrats < doit être inverse de celui des citoyens, nous conclurons qu'en général le gouvernement démocratique convientaux petitsÉtats, l'aristocratique aux médiocres, et le monarchique aux grands.

C'est par le fil de ces recherches que nous parviendrons à savoir quels sont les devoirs etles droits des cilovens, et si l'on peut séparer les uns des autres; ce que c'est que la patrie, en quoi précisément elle consiste, et à quoi chacun peut connaître s'il a une patrie ou s'il n'en a point.

Après avoir ainsi considéré chaque espèce de société civile en eile-même,nous les comparerons pour en observerles divers rapports : les unes grandes, les autres petites ; les unes fortes, les autres faibles, s'altaquant, s'offensant, s'entre-détruisant; et, dans cetteaction et réaction continuelle, faisant plus de misérables et coûtant la vie à plus d'hommes que s'ils avaient tousgardéleurpremière liberté. Xous examinerons si l'on n'en a pas fait trop ou trop peu dans l'institution sociale; si les individus soumisaux lois et aux hommes,tandis que les sociétés gardent entre elles l'indépendance de la nature, ne restent pas exposé* aux maux des deux États, sans en avoir les avantage* et s'il ne vaudrait pas mieux qu'il n'y eût point de société civile au mondequed'y en avoir plusieurs. N'est-ce pascet Etat mixte qui participe à tous les deux et n'assure ni l'un ni l'autre ver quem neutrumlicet,ncc tanquam in bello paratum esse nec 'tan quam in pace securumn N' 'est-ce pas cette association par tiuile et imparfaite qui produit la tyrannie et la guerre'? et la i vrannieet la guerre nesont-elles pas les plus grands fléaux de I humanité?

Nousexamineronsenfinl'espècede remèdesqu'on a cherchés a ces inconvénients parles ligues etcon(édérations,qui,lai.sant chaque Etat son maître au dedans, l'arment au dehors contre

1. On se souviendra que je n'entends parler ici que de mayistnts »i

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