Plut., Dict. nut. des Laced., § t
mère eourl au temple, et rend grâces aux dieux V Voilà la citoyenne.
Celui qui, dans l'ordre civil, veut conserver la primautédes sentiments de la nature ne sait ce qu'il veut. Toujours en contradiction avec lui-même, toujours flottant entre ses penchants et ses devoirs, il ne sera jamais ni homme ni citoyen; il ne sera bon ni pour lui ni pour les autres. Ce sera un de ces hommes de nos jours, un Français, un Anglais, un bourgeois; cène serarien.
Pour être quelque chose, pour être soi-même et toujours un, il faut agir comme on parle; il faut être toujours décidé sur le parti que Ton doit prendre, le prendre hautement, et le suivre toujours. J'attends qu'on me montre ce prodige pour savoir s'il est homme ou citoyen, ou comment il s'y prend pour être à la fois l'un et l'autre.
De ces objets nécessairement opposés viennent deux formes d'institutions contraires : l'une publique et commune, l'autre particulière et domestique.
Voul >z-YOus prendre une idée de l'éducation publique, lisez la République de Platon. Ce n'est point un ouvrage de politique, comme le pensent ceux qui ne jugent des livres quepar leurs titres : c'est le plus beau traité d'éducation qu'on ait jamais fait.
Quand on veut renvoyer au pays des chimères, on nomme l'institution de Platon : si Lycurgue n'eût mis la sienne que par écrit, je la trouverais bien plus chimérique. Platon n'a fait qu'épurer le cœur de l'homme; Lycurgue l'a dénaturé.
L'institution publique n'existe plus, et ne peut plus exister, parce qu'où i' n'y a plus de patrie, il ne peut plus y avoir de citoyens. Ces deux mots patrie et citoyen doivent être effacés des langues modernes. J'en sais bien la raison mais je ne veux pas la dire; elle ne fait rien à mon sujet.
Je n'envisage pas comme une institution publique ces risibles établissements qu'on appelle collèges2. Je ne compte
i. nu., §5.
2. Il y a dans plusieurs écoles, et surtout dans l'Université de Paris*, des professeurs que j'aime, que j'estime beaucoup, et que je crois très capables de bien instruire la jeunesse, s'ils n'étaient forcés de suivre l'usage établi. J'exhorte lun d'entre eux à publier le projet de réforme qu'il a conçu. L'on vera peut-être enfin tentédeguérirleinalen voyant qu'il n'est pas sans remède.
• On lit dans l'édition origioftle : Il y a dans l'Académie de Genève et dans rUnioertiti de Paris d«s profetseurs, etc.