‹ Émile, ou, De l'éducation (volume 3)Chapitre 86 sur 300 · LE II · texte numérisé non relu

LE II

\ précautions augmentent la

somti. is aui dépens des agréables.

11 m les livres suivants de la culture

d'une us commun, moins

commun à tous les hommes, que parce qu'il

qs, et qu'il nous ins-

irs de toutes leurs

. it par conséquent d'or-

r : il ne réside qu au, et s< •

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se mesure rétendue de

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qu'on lais raison

- simples par que j'appelle raison intellectuelle ou humain idées com-

ne que ma méthod nature, et

que je ne " ins l'application, nous avons

. k travers ! insalions, jusqu'au!

i raison puérile: I" premier pas que nous allons

IU delà doit être un pas d'homme. Mais avant d'entrer

■ carrière, jetons un moment les yeux sur

celle que nous irir. Chaque âge, chaque état

de la vie a s ition convenable, sa sorte de maturité qui

lui est propre. Nous uvent ouï parler d'un homme fait;

mais i is un enfant l'ait : ce spectacle sera plus nou-

. pour nous, et ue srra peut-être pas moins agréable.

très fini- esl si pauvre et si bornée, que, quand nous »ns que ce qui e-L, nous ne sommes jamais

émus. Ce sonl :e> chimères <jui ornent les objets réels; et si - nation n'ajoute un charme à ce qui nous frappe, le stérile plaisir qu'on y prend se borne à l'organe, et laisse toujours le cœur froid. La terre, parée des trésors de l'automne, étale une richesse que l'œil admire : mais cette admiration n'est point touchante; elle vient plus de la réflexion que du sentiment. Au printemps, la campagne presque nue n'est encore couverte de rien, les bois n'offrent point d'ombre, la verdure ne fait que de poindre, et le cœur est touché à son aspect. En voyant renaître ainsi la nature, on se sent ranimer

soi-même, l'image du plaisir nous environne; ces compagnes de la volupté, ces douces larmes, toujours prèles à se joindre atout sentiment délicieux, sont déjà sur le bord de nos paupières: mais l'aspect des vendanges a beau être animé, vivant, agréable, on le voit toujours d'un œil sec.

Pourquoi cette différence? C'est qu'au spectacle du printemps l'imagination joint celui des saisons qui le doivent suivre: à ces tendres bourgeons que l'œil aperçoit, elle ajoute les fleurs, les fruits, les ombrages, quelquefoisles mystères qu'ils peuvent couvrir. Elle réunit en un point des temps qui doivent se succéder, et voit moins les objets comme ils seront que comme elle les désire, parce qu'il dépend d'elle de les cboisir. En automne, au contraire, on n'a plus à voir que ce qui est. Si l'on veut arriver au printemps, l'hiver nous arrête, et l'imagination glacée expire sur la neige et sur les trimas.

Telle est la source du charme qu'on trouve à contempler une belle enfance pré'érablement à la perfection de l'âge mûr. Quand est-ce que nous goûtons un vrai plaisir à voir un homme? c'est quand la mémoire de ses actions nous fait rétrograder sur sa vie, et le rajeunit, pour ainsi dire, à nos yeux. Si nous sommes réduits à le considérer tel qu'il est, ou à le supposer tel qu'il sera dans sa vieillesse, l'idée de la nature déclinante etfacs tout notre plaisir. 11 n'y en a point à voir avancer un homme à grands pas vers sa tombe, et 1 image de la mort enlaidit tout.

Mais quand je me figure un enfant de dix à douze ans, sain, vigoureux, bien formé pour son âge, il ne me fait pas naître une idée qui ne soit agréable, soit pour le présent, soit pour l'avenir: je le vois bouillant, vif, animé, sans souci rongeant, sans longue et pénible prévoyance, tout entier à son être actuel, et jouissant d'une plénitude de vie qui semble vouloir s'étendre hors de lui. Je le prévois dans un. autre âge, exerçant le sens, l'esprit, les forces, qui se développent en lui de jour en jour, et dont il donne à chaque instaut de nouveaux indices: je le contemple enfant, et il me plaît; je l'imagine homme, et il me plait davantage; son sang ardent semble réchauffer le mien ; je crois vivre de sa vie, et sa vivacité me rajeunit.

L'heure sonne, quel changement! A l'instant son œil se ternit, sa gaieté s'efface ; adieu la joie, adieu les folâtres jeux. Lu hoaiine sévère et fâché le prend par la main, lui dit gra-

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