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la gloire et de la vertu, si jamais elles en eurent un sur la terre. C'est la que les femmes honoroient les exploits des grands généraux , qu'elles pleuroient publiquement les pères de la patrie , que leurs vœux ou leur deuil étaient consacrés comme le plus solennel jugement de la république. Toutes les grandes révolutions j *vinrent.des femmes : par une femme Rome acquit la liberté , par une femme les plébéiens obtinrent le consulat, par une femme finit la tyrannie des décemvirs, par les femmes Rome assiégée fut sauvée des mains d'un proscrit.
Galants Français, qu'éussiez-vous ditenvoj'ant passer cette procession si ridicule a vos jeux moqueurs? vous l'eussiez accompagnée de vos huées. Que nous voyons d'un œil différent les mêmes objets! et peut-être avons-nous tous raison. Formez ce cortège de belles dames françaises, je n'en connois point de plus indécent : mais composez-le de Romaines , vous aurez tous les jeux des Volsques et le cœur de Coriolan.
Je dirai davantage , et je soutiens que la vertu n'est pas moins* favorable a l'amour qu'aux autres droits de la nature , et que l'autorité des maîtresses n'y gagne pas moins fjue
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celle des femmes et des mères. Il n'y a point de véritable amour sans enthousiasme , et point d'enthousiasme sans un objet de perfection réel ou chimérique j mais toujours existant dans l'imagination. De quoi s'enflammeront des amants pour qui cette perfection n'est plus rien , et qui ne voient dans ce qu'ils aiment que l'objet du plaisir des sens? Non , ce n'est pas ainsi que l'âme s'échaufFe , et se livre à ces transports sublimes qui font le délire des amants et le charme de leur passion. Toutn'est qu'illusion dans l'amour, je l'avoue ; mais ce qui est réel , ce sont les sentiments dont il nous anime pour le vrai beau qu'il nous fait aimer. Ce beau n'est point dans l'objet qu'on aime , il est l'ouvrage de nos erreurs. Eh !
qu'importe? En sacrifie-t-on moins tous ses senliments bas a ce modèle imaginaire ? En pénètre-t-on moins son cœur des vertus qu'on prête à ce qu'il chérit? S'en déta< he-t-on moins de la bassesse du moi humain? Où est le véritable amant qui n'est pas prêt a immoler sa vie à sa maîtresse ? et oii est la passion sensuelle et grossière dAns un homme qui veut mourir ? Nous nous moquons des paladins !
c'est qu'ils connoissoient l'amour, et que nous
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ne connoissons plus que la débauche. Quand ces maximes romanesques commencèrent à devenir ridicules , ce changement fut moins l'ouvrage de la raison que celui des mauvaises mœurs. ,
Dans quelque siècle que ce soit les relations naturelles ne changent point; la convenance ou disconvenance qui en résulte reste la même, les préjugéVsous le vain nom de raison n'en changent que l'apparence. Tl sera toujours grand et beau de régner sur soi , fût-ce pour obéir à des opinions fantastiques ; et les vrais motifs d'honneur parleront toujours au cœur de toute femme de jugement qui saura chercher dans son état le bonheur de la vie. La chasteté doit être surtout une vertu délicieuse pour une belle femme qui a quelque élévation dans l'âme. Tandis qu'elle voit toute la terre à ses pieds , elle triomphe de tout et d'ellemême : elle s'élève dans son propre cœur un trôné auquel tout vient rendre hommage ; les sentiments tendres ou jaloux mais toujours respectueux des deux sexes , l'estime universelle et la sienne propre, lui paient sans cesse en tribut de gloire les combats de quelques instants. Les privations sont passagères , mais le
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prix en est permanent. Quelle jouissance pour une âme noble , que l'orgueil de la vertu jointe à la beauté ! Réalisez une héroïne de roman , elle goûtera des voluptés plus exquises que les Lais et les Cléopâtres ; et quand sa beauté ne sera plus, sa gloire et ses plaisirs resteront encore ; elle seule saura jouir du passé.
Si la route que je trace est agréable , tant mieux : elle en est plus sûre , elle est dans l'ordre de la nature ; et vous n'arriverez jamais au but que par celle-là.
Plus les devoirs sont grands et pénibles , plus les raisons sur lesquelles on les fonde doivent être sensibles et fortes. Il y a un certain langage dévot dont , sur les sujets les plus graves , on rebat les oreilles des jeunes personnes sans produire la persuasion. De ce langage trop disproportionné à leurs idées , et du peu de cas qu'elles en font en secret, naît la facilité de céder à leurs penchants, faute de raisons d'y résister tirées des choses mêmes. Une fille élevée sagement et pieusement a sans doute de fortes armes contre les tentations ; mais celle dont on nourrit uniquement le cœur ou plutôt les oreilles du jargon de la dévotion devient infailliblement la proie du premier séducteur *