LIVRE IV
en remplissant son objet ; qu'en lui peignant le mariage , non-seulement comme la plus" douce des sociétés, mais comme le plus inviolable et le plus saint de tous les contrats , on lui dise avec force toutes les raisons qui rendent un nœud si sacré respectable a tous les hommes , et qui couvre de haine et de malédictions quiconque ose en souiller la pureté ; qu'onlui fasse un tableau frappant et vrai des horreurs de la' débauche , de son stupide abrutissement , de la pente insensible par laquelle un premier désordre conduit à tous , et traîne enfin celui qui s'y livre a sa perte; si, dis-Je , on lui montre avec évidence comment aivgoût de la chasteté tiennent la santé , la force , le courage , les vertus , l'amour même , et tous les vrais biens de l'homme 5 je soutiens qu'alors on lui rendra cette même chasteté désirable et chère, et qu'on trouvera son esprit docile aux moyens qu'on lui donnera pour la conserver : car tant qu'on la conserve on la respecte ; on ne la méprise qu'après l'avoir perdue.
Il n'est point vrai que le penchant au mal soit indomptable , et qu'on ne soit pas maître de le vaincre avant d'avoir pris l'habitude d'y succomber. Aurélius Victor dit que plusieurs