IV. i
sur ces matières, sans savoir comment ils le sont devenus, ne le sont devenus impunément. Cette indiscrète instruction, ne pouvant avoir un objet honnête , souille au moins l'imagination de ceux qui la reçoivent , et les dispose aux vices de ceux qui la donnent. Ce n'est pas tout; les domestiques s'insinuent ainsi dans l'esprit d'un enfant , gagnent sa confiance , lui font envisager son gouverneur comme un personnage triste et fâcheux; et l'un des sujets favoris de leurs secrets colloques est de médire de lui. Quand l'élève en est là , le maître peut se retirer , il n'a plus rien de bon à faire.
Mais pourquoi l'enfant se choisit- il des confidents particuliers? Toujours parla tyrannie de ceux qui le gouvernent. Pourquoi se cacheroit-il d'eux , s'il n'étoit forcé de s'en cacher ? Pourquoi s'en plaindroit-il s'il n'avoit nul sujet de s'en plaindre? Naturellement ils sont ses premiers confidents ; on voit, à l'empressement avec lequel il vient leur dire ce qu'il pense , qu'il croit ne l'avoir pensé qu'à moitié jusqu'à ce qu'il le leur ait dit. Comptez que si l'enfant ne craint de votre part ni sermon ni réprimande } il vous dira toujours tout, et qu'on n'osera lui rien confier qu'il vous doive