‹ Émile, ou, de l'ÉducationChapitre 18 sur 60 · U faut qu'il sache y trouver a lire, tiî&r p · texte numérisé non relu

U faut qu'il sache y trouver a lire, tiî&r p

m EMILE

Puisque au mille: j de tant de rapports nouveaux dont îî va dépendre il faudra malgré lui qu'il juge, apprenonslui donc à bien juger.

La meilleure manière d'apprendre à bien juger est cefle qui tend le plus à simplifier nos expériences, et à pouvoir même nous en passer sans tomber dans Terreur. D'où il suit qu'après avoir longtemps vérifié les rapports des sens l'un par l'autre, il faut encore apprendre à vérifier les rapports de chaque sens par lui-même, sans avoir besoin de recourir à un autre sens ; alors chaque sensation deviendra pour nou3 une idée, et cette idée sera toujours conforme à la vérité. Telle est la sorte d'acquis dont j'ai tâché de rempjir ce troisième âge de la vie humaine.

Cette manière de procéder exige une patience et une circonspection dont peu de maîtres sont capables, et sans laquelle jamais le disciple n'apprendra à ju^er. Si, par exemple, lorsque celui-ci s'abuse sur l'apparence du bâton brisé, pour fui montrer son erreur vous vous pressez de tirer le bâton hors de l'eau, vous le détromperez peutêtre ; mais qiiQ lui apprendrez-vous ? rien que ce qu'il aurait bientôt appris de lui-même. Oh ! que ce n'est pas là ce qu'il faut faire ! H s'agit moins de lui apprendre une vérité que de lui montrer comment îî faut s'y prendre pour découvrir toujours la vérité. Pour mieux l'instruire, il ne faut pas le détromper sitôt. Prenons Emile et moi pour exemple.

Premièrement, à la seconde des deux questions supposées, tout enfant élevé à l'ordinaire ne manquera pas de répondre affirmativement. C'est sûrement, dira-t-it, an bâton brisé. Je doute fort qu'F.mile me fasse la même réponse Ne vovant point la nécessité d'être savant ni de le paraître, il n'est iamaîs pressé de juger ; il ne luge que sur l'évidence, et il est bien éloigné de la trouver dans cette occasion, lui qui sait combien nos iu céments sur les apparences sont sujets à l'illusion, ne fût-ce que dans îa perspective.

D'ailleurs, comme fl sait par expérience que mes quesfîons les plus frivoles ont toujours quelque objet qu*2 n'aperçoit pas d'abord, il n'a point pris l'habitude d'y répondre étourdîment ; au contraire, î! s'en défie, il s'y fend attentif, il tes examine avec soin avant d'y

répondre. ïamais Û ne me fait de réponse qu'il n'en soit content lui-même, et il est difficile à contenter. Enfm nous ne nous pîsrons ni lui ni jm! de çr^mv la venté des choses Mis ♦•tenant *s> n? P» donner dans l'erreur, Notas prions bien plus confus (te nous payer d'une rateoit

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