‹ Émile, ou, de l'ÉducationChapitre 25 sur 60 · DEUXIÈME MAXIME · texte numérisé non relu

DEUXIÈME MAXIME

n« ï-taint jamais dans autrui que les maux dont ou n< croit pas exempt soi-même.

Non ignara niali, rniseris succurrerc disco.

je ne connais rien de si beau, de si profond, de su touchant, de si vrai, que ce vers-là.

Pourquoi les rois sont-ils sans pitié pour leurs sujets ?■ C'est qu'ils comptent de n'être jamais hommes. Pourquoi les riches sont-ils si durs envers les pauvres ? c'est qu'ils n'ont pas peur de le devenir. Pourquoi la noblesse a-t-elle. un si grand mépris pour le peuple ? c'est qu'un noble nej sera jamais roturier. Pourquoi les Turcs sont-ils gêné ïement plus humains, plus hospitaliers que nous ? c'est que, dan3 leur gouvernement tout à fait arbitraire, laj grandeur et la fortune des particuliers étant toujoursj précaire et chancelante, ils ne regardent point l'abaissement et la misère comme un état étranger à eux (1) ; chacun peut être demain ce qu'est aujourd'hui celui qu il assiste. Cette réflexion, qui revient sans cesse dans les romans orientaux, donne à leur lecture je ne sais quoi d'attendrissant que n'a point tout l'apprêt de notre sèche morale. ,

N'accoutumez donc pas votre élève a regarder du haut

ï. Cela paraît changer un peu maintenant : les états semblent devenir plus fixes, et les hommes deviennent aussi plus

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