LIVRE IV
gloire les peines des infortunés, les travaux 'des misérables ; et n'espérez pas fui apprendre à les plain: s'il les considère comme lui étant étrangers. Faites-lui bien comprendre que îe sort de ces malheureux peut É lé sien, que tous leurs maux sont sous ses pieds, que raille événements imprévus et inévitables peuvent l'y p/onger d'un moment à l'autre. Apprenez-lui à ne compter ni sur la naissance, ni sur la santé, ni sur les richesses ; montrez-lui toutes les vicissitudes de la fortune ; cherchez-lui les exemples toujours trop fréquents de gens qui, d'un état plus élevé que le sien, sont tombés au-dessous de ces malheureux : que ce soit par leur faute ou non, ce n'est pas maintenant de quoi il est question ; sait-il seulement ce que c'est que faute ? N'empiétez jamais sur l'ordre de ses connaissances, et ne l'écairez que par les lumières qui sont à sa portée ; il n'a pas besoin d'être fort savant pour sentir que toute la prudence humaine ne peut lui répondre si, dans une heure, il sera vivant ou mourant ; si les douleurs de la néphrétique ne lui feront point grincer les dénis avant la nuit ; si dans un mois il sera riche ou pauvre ; si, dans un an peut-être, il ne ramera point sous le nerf de boeuf dans galères d'Alger. Surtout n'allez pas lui dire tout cela froidement comme son catéchisme : qu'il voie, qu'il sente j les calamités humaines : ébranlez, effrayez son imagination des périls dont tout homme est sans cesse environné ; qu'il voie autour de lui tous ces abîmes, et qu'à vous les entendre décrire il se presse contre vous de peur d'y tomber. Nous le rendrons timide et poltron. direz- vous. Nous verrons dans la suite ; mais, quanl présent, commençons par le rendre humai sttfi
tout ce qui nous importe.