LIVRE # ÎS
LE BÂfWWNElfl!
tï n'y a rien de p!us incontestable qu@ fes principe» & fa raison» et l'on ne peut autoriser une absurdité stïf 18
t&Roïgnage des hommes. Encore mie fols, voyons fc prives snmatureHa^ car l'attestation du gémis fanstë?:*: s'en est oas ose,
L'fNSPlÉê
0 oûsé? efedgrçï ! ta grâce ne vtitfs pstfïé fft&ft
tE RAISONNEUR
Ce n'est pas ma faute ; car, selon votts, ïl fattf gftttïf uéjà reçu la grâce pour savoir la demander» Commences ■jonc à me parler au !ieti d'elle,
L'ïNspiraê
Ah ? c'est ce que Je fais, et vous ne m'êcdutéz pas* Mâfë $î*e dites-vous des prophéties ?
LE RAISONNEUR
Je d?s premièrement que je n'ai pas plus entendu de Jfophéties que le n'ai vu de miracles, je dis de pSu3
|U''auc>*n8 prophétie ne saurait faire autorité pom moi,
L'INSPÎRÊ
Satellite du démon ! et pourquoi lea prophéties se font»
slies pas autorité pour vous ?
LE RAISONNEUR
Parce que, pour qu'elles la fissent, f! faudrait trois îhoses dont fè concours est impossible ; savoir que j'eusse Sté témoin de la prophétie, que je fusse témoin de revêtement, et qu'il me fût démontré que ce^ événement n'a ou cadrer fortuitement avec fa prophétie ; car, fût-elle ^îus précrae. plus claire, plus lumineuse qu'un axiome fe géométrie, puisque la clarté d'une prédiction faîte #a sasard n'en rend pas l'accomplissement impossible, cet tçoomplîssemetiit quand il a lieu» lie prouvB rien â ta 'igneur poor celui oui l'a prédit
vovez donc à quoi se réduisent vos prétendues prouvés surnaturelles, vos miracles, vos prophéties. A croire tout :e!a sur la foi d'autrui. et à soumettre à l'autorité des hommes l'autorité de Dieu parlât à ma raison. Si ï«3 i$riïé* étemelles oue mon esprit conçoit pouvaient $Ouir*Hr quelque attente, H n'y anraït olus pour moi milîe Espèce de certitude •; et> lob" d'être -su? qcs- vovs es© p&£tz
m EMILE
tfe îa part de Dieu, je m serais pas même assuré qu'il
Vofïà bien des difficultés, mon enfant, et ce n'est pas tQUt Parmi tant de religions diverses qui se proscrivent et s'excluent mutuellement, vnç seule est la bonne. SÎ tant est qu'une le soit. Pour la reconnaître il ne suffit pas d'en examiner une, U faut les examiner toutes, et, dans quelque matière que ce soit, on ne doit point condamner sans entendre (I) ; il faut comparer les objections aux preuves ; il faut savoir ce que chacun oppose aux autres, et ce qu'il leur répond. Plus un sentiment nous paraît démontré, plus nous devons chercher sur quoi tant d'hommes se fondent pour ne pas le trouver tel I! faudrait être bien simple pour croire qu'il suffit d'entendre îes docteurs de son parti pour s'instruire des raisons du parti contraire. Où sont les théologiens qui se piquent de bonne foi ? où sont ceux qui, oour réfuter les raisons de leurs adversaires, ne commencent pas par les affaiblir ? Chacun brille dans son parti ; "nais tel, au milieu des Giens. est tout fier de ses preuves qui ferait un fort sot personnage avec ces mêmes preuves parmi des gens d'un autre parti. Voulez-vous vous instruire dans tes livres? quelle érudition il faut aequépfr ! que de langues iî faut apprendre ! que de bibliothèques il faut feuilleter I quelle immense facture il faut faire ! Qui me çuidera dans le choix ? Difficilement trouvera-t~on dans un pavs te9 meilleurs livres du narti contraire ; à plus forte raison e*nx d$ tous les partis : ciuand on îes trouverait, ils seraient tïîentfif réfutés. L'absent a toujours tort, et de mauvaises raisons dites avec assurance effacent aisément tes bonnes exposées avec mépris. D'ailleurs souvent tes Hvres nous immpçnt, et ne fendent pas fidèlement les sentiments de ceux qui îes ont écrits. Quand vous avez voulu juger du îa foi catholique sur te livre de Bossuet, vous vous êtes trouvé loin de cornnte après avoir vécu parmi nous. Vous ave^ vu que îa doctrine avec laquelle on répond
t. Ptutarque rapporte que tes stoïciens, entr© autres bizarres paradoxes, soutenaient que, dans un jugement contradictoire» il était inutile d'entendre les deux parties ; car, disaient-ils, ©*j le premier a prouvé son dire, ou il oc l'a pa9 prouvé. S'il l'a prouvé, tout est dit. et ta partie adverse doit être condamnée ; s'il ne Ta pas prouvé, il a tort, et doit être débouté. je trouve que la méthode de tous ctux qui admettent une révétfitio» exclusive ressemble beaucoup à celle de ces stoïciens. Sitôt que chacun prétend avoir seul raison, pour choisir entre tant de partis H k» faut K<us écouter, ou i'oa wt injuste