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la société ne doit point sitôt leur être présenté, parce qu'ils ne sont pas vn état de l'entendre. C'est une ineptie d'exiger d'eux qu'ils s'appliquent à des choses qu'on leur dit vaguement être pour leur bien, sans qu'ils sachent quel est ce bien, et dont on les assure qu'ils tireront du profit étant grands, sans qu'ils "prennent maintenant aucun intérêt à ce prétendu profit qu'ils ne sauraient comprendre.
Que l'enfant ne fasse rien sur parole : rien n'est bien pour lui que ce qu'il sent être te!. En le jetant toujours en avant de ses lumières, vous croyez user de prévoyance, et vous en manquez. Pour l'armer de, quelques vains instruments dont il ne fera peut-être jamais d'usage, vous lui ôtez l'instrument le plus universel de l'homme, qui est le bon sens ; vous l'accoutumez à se laisser toujours conduire, à n'être jamais qu'une machine entre les mains d'autrui. Vous voulez qu'il soit docile étant petit ; c'est vouloir qu'il soit crédule et dupe étant grand. Vous lui dites sans cesse : « Tout ce que je vous demande est pour votre avantage; mais vous n'êtes pas en état de le connaître. Que m'importe à moi que vous fassiez ou non ce que j'exige ? c'est pour vous seul que vous travaillez ». Avec tous ces beaux discours que vous lui tenez maintenant pour le rendre sage, vous préparez le -succès de ceux que lui tiendra quelque jour un visionnaire, un sou .fleur, un charlatan, un fourbe, ou un fou de toute espèce, pour le prendre à son piège ou pour lui faire
jpter sa folie. "
11 importe qu'un homme sache b?en des choses dont un enfant ne saurait comprendre l'utilité ; mais faut-il, et sa peut-il qu'un enfant apprenne tout ce qu'il importe ï homme de savoir ? Tâchez d'apprendre à l'enfant tout ce qui est utile à son âge, et vous verrez que tout son temps sera plus que rempli. Pourquoi voulez-vous, au préjudice des études qui lui conviennent aujourd'hui, S'appliquer à celle d'un âge auquel il est si peu sûr qu'il parvienne ? Mais, direz-vous, sera-t-iî temps d'apprendre ce qu'on doit savoir quand ie moment sera venu â^n faire usage? je l'ignore ; mais ce que je sais, c'est qu'il est impossible de l'apprendre plus tôt ; car nos vrais maîtres sont l'expérience et le sentiment, et jamais l'homme ne sent bien ce qui convient à l'homme que dans les rapports où il s'est trouvé. Un enfant sait qu'il est fait pour devenir homme ; toutes les idées qu'il peut avoir de l'état d'homme sont des occasions d'in on pour lui ; mais, sur tes idées de cet état qui ne sont pas à sa portée, il de-if
rester dans une ignorance absolue. Tout mon livre n'est qu'une preuve continuelle de ce principe d'éducation.
Sitôt que nous sommes parvenus à donner à notre élève une idée du mot utile, nous avons une grande prise de r«..„ «»Mf. t„ ^,n»prrpr • crr ce mot le frrme beaucoup,
ûttendu qu'il n'a pour M qu'un sens relatif à son âge, et (4-;.* u.; .»u *.»«.. w»âi^*ii ie «apport a son bien-être actuel. Vos enfants ne sont point frappés de ce mot parce que vous n'avez pas eu soin de leur en donner une idée qui &oît à leur portée, et que d'autres se chargeant toujours de pourvoir à ce qui leur est utile, ils n'ont jamais besoin d'y songer eux-mêmes, et ne savent ce que c'est qu'utilité.
A quoi cela esUil bon ? Voilà désormais le mot sacré, le mot déterminant entre lui et moi dans toutes les actions de notre vie ; voilà la question qui de ma riart suit infailliblement toutes ses questions, et qui sert de frein à ces multitudes d'interrogations sottes et fastidieuses dont les en.ants taliguent sans relâche et sans fruit tous ceux qui les environnent, plus pour exercer sur eux quelque espace d'empire que pour en tirer quelque profit. Celui à qui, pour sa plus importante leçon, l'on apprend à ne vouloir rien savoir que d'utile, interroge comme Socrate; û ne fait pas une question sans s'en rendre à lui-même la raison qui! sait qu on lui en va demander avant que de ia résoudre.
Voyez quel puissant instrument je vous mets entre les mains pour agir sur votre élève. Ne sachant les raisons de rien, le voilà presque réduit au silence quand il vous plaît ; et vous, au contraire, quel avantage vos connaissances et votre expérience ne vous donnent-elles point pour lui montrer l'utilité de tout ce que vous lui proposez ? Car, ne vous y trompez pas, lui faire cette question, c'est lui apprendre à vous la faire à son tour ; et vous devez compter, sur tout ce que vous lui proposerez dans la suite, qu'à votre exeirrîe il ne manquera pas de dire : A quoi cela esi-il bon ?
C'est ici peut-être le piège le nlus difficile â éviter oour un gouverneur. Si, sur la question de î'enfant, ne cher-
.ni qu'à vous tirer d'affaire, vous lui donnez une seule raison qu'il ne soit pas en état d'entendre, voyant que vous raisonnez sur vos idées et non sur les siennes, il croira ce que vous lui dites bon pour votre âge et non pour le sien ; iî ne se fiera plus à vous, et tout est perdu. Mais où est le maître qui veuille bien rester court et ce venir de ses torts avec son élève ? tou3 se font utie toi da ne nas convenir même de ceux qu'ils ont, et moi je meft
jferds uns tita convodr SB&ne de oetu: que je e'aarda