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Emile pouget le parti du travail

Les groupements corporatifs sont désormais une puissance avec laquelle les forces d'exploitation et d'oppression doivent compter Ilest donc urgent que les idées directrices quiguident les travailleurs dans leur organisation économique eb autonome soient précises. et vulgarisées et que soit définie l’œuvre qu'ils poursuivent ui consiste : 1° à combattre quotidiennement pour l'amélioration des conditions actuelles de vie ; 2 à se préparer à accomplir par la Force lacomplète transformation sociale quiréalisera le Bien-Étre et la Liberté pour tous

Sont en Vente:

1° Les Bases du Syndicalisme ; 2° Le Syndicat; 3 Le Parti du Travail.

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La Grève. — Label et Boycoftagr Le Sabottage. — L'Agtimilitarisme. — La Grève générale, etc.

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Sa Définition

Le Parri nu TRAVAIL porte en lui-même sa définition ; il est le groupement des travailleurs en un bloc homogène : il esi l'organisation autonome de la Classe Ouvrière en un agrégat ayant pour assises le terrain économique ; il est, par ses origines, pas son essence, réfractaire à toute compromission avec les éléments bourgeois.

À la base, — cellule du Parti du Travail, — est le Syndicat et c'est par la mise en contact des Syndicats entre eux, c'est par leur solidarisation que se révèle, se manifeste et agit le Parti du Travail.

Le Syndicat s'affilie, d'un côté, à sa Fédération nalionale corporative ; de l'autre, à son Union locale (le plus souvent qualifiée Bourse du Travail.) A leur tour, les organismes fédératifs de ces deux catégories se fédèrent entre eux, et leur cohésion constilue le groupement unificateur des forces et des intérêts ouvriers : la Confédération Générale du Travail.

Ce Ifédéralisme, aux cercles concentriques, se pénétrant l'un l'autre, est un merveilleux amplificateur de la puissance ouvrière : les unités composantes se renforcent mutuellement et la force particulière de chacune est accrue de l'appui de toutes les autres. Le Syndicat, isolé, ne disposant que de ses ressources et de sa vigueur, n'aurait qu'une action restreinte ; tandis que, du fait de son affiliation au Parti du Travail, il se trouve jouir de la force considérable que lui communique, par répercussion, cet organisme solidarisé.

Cette force énorme, — incommensurable puisqu'elle est sans cesse grandissante, — est la conséquence du groupement sur le terrain économique, Il n'y a que sur cette base que se puisse réaliser un Organisme aussi vidoureux et n'ayant rien à redouter de l'immixtion d'aucun élément désagrégcateur. En effet, la trame de ce groupement étant l'intérêt de Classe du Prolétariat, toute atténuation de

sa fonction revendicatrice et révolulionnaire est vaine et toute tentative de dévialion est, d'avance, frappée de stérilité.

Lai Parti du Travail est un parti d'Intérêts. I ignore les opinions des individus qui le constituent ; il ne connail et ne coordonne que les intérêts, — tant matériels que moraux et intellectuels, — de la Classe Ouvrière. Ses rangs sont ouverts à tous les exploités, sans distinction d'opinions politiques ou religieuses. ANA a:

Oui, le Parti du Travail ignore les opinions, quelles qu'elles soient ! Par contre, il pourchasse l'exploitation humaine, sous quelque forme qu'elle so manifeste. | ÿ

Un travailleur, qui aura des conceptions philosophiques ou politiques baroques, — qui croira en un Dieu quelconque ou en l'Etat, — aura sa place

à côté de ses camarades, au sein de co parti. Mais, .

ce qu'on y condamne, en ce parti, c'est l'exploitalion des idées théologiques, politiques ou philosophiques ; ce qu'on y réprouve c’est l'intervention du prêtre ou du polilicien qui, l'un et l’autre, vivent de spéculation sur les croyances.

Dans ce parti, tous les exploités y ont leur place, malgré que beaucoup de ceux-ci (dans la société actuelle où tout n'est qu'absurdités et crimes) soient obligés de s'atteler à des besognes inutiles, ou même nuisibles. =

L'ouvrier de manufactures d'armes, le constructeur de navires de guerre, etc., font un travail nuisible : ils sont doublement victimes de la mauvaise organisation sociale, puisque, outre qu'ils sont exploités, ils ont le désavantage de concourir à une œuvre malfaisante. Cependant, leur place est tout indiquée dans le Parti du Travail.

Au contraire, l'être nuisible, par sa fonction personnelle, — tel le mouchard, — est mis au ban. Celui-là est un parasite de l'ordre le plus répugnant ; issu de la classe ouvrière, il s'est avili aux plus immondes besognes : par conséquent, il n'a sa place qu'au sein de la Bourgeoisie.

Le Parti du Travail se différencie donc de tous les autres partis par celte raison primordiale, c'est que, groupant ceux qui travaillent, contre ceux qui vivent d'exploitation humaine, il coordonne des intérêts et mon des opinions. Aussi, fatalement, y at-il en son sein unité de vues. Il peut y avoir (et il y a !) parmi les éléments qui le composent,

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des tendances plus ou moins modérées, plus ou moins révolutionnaires ; mais ces divergences de détail n'infirment pas et me dissolvent pas l'unité syndicaliste qui résulle de l'identité des intérêts. Cette puissance d'absorplion des divergences individuelles, sous le rayonnement de l'accord qui découle forcément de la communauté d'intérôûts, donne au Parti du Travail une supériorité de vitalité et d'action et le met à l'abri des tares qui atteignent les partis politiques.

Dans tous les partis, — hormis celui du Travail, — l'objeclif dominant est la « Politique » et, côte à côte s'v amalgament, suivant la similitude des opinions, des hommes dont les intérêts sont divergents, — des exploiteurs et des exploités. Et il n'y a pas d'exception ! C'est la caractéristique de tous les partis démocratiques. Tous sont un méli-méla incohérent d'hommes dont les intérêts sont en opposition.

Cette anomalie n'est pas particulière aux partis démocrates bourgeois. Elle est aussi la tare des partis socialistes qui, une fois engagés sur la pente glissante du Parlementarisme, en arrivent à dépouiller les caractères spécifiques du Socialisme et à n'êlre plus que des partis démocratiques, d'allure simplement plus accentuée.

De plus en plus nombreuses sont les conversions au Socialisme de capitalistes, de patrons, elc..…., qui accommodent on ne peut mieux leur existence parasilaire avec l'élalage de leurs convictions. Un des motifs qui attirent ces recrues, venues du camp ennemi, c'est la déviation vers le Parlementarisme. La théorie de la conquête des Pouvoirs Publics ayant, sinon complètement éliminé, du moins rejeté à Parrière-plan les préoccupations révolution naires, les appétils se sont éveillés. Et ces transfuges de la Bourgeoïisie ont escompté les profits de s'afficher socialistes. et ils ont caressé l'espoir d'acquérir ainsi une situation prépondérante. Si bien qu'il en est qui se découvrent « socialistes » comme d'autres se font avocats ou marchands d'al. cool. C'est considéré comme une carrière, — un ex: cellent moven de parvenir !

Le Parti du Travail n'a pas à redouter ces dan. gers. Par cela seul que sa base conslitutive est l'intérêt de classe du Prolélariat, que son action sa manifeste dans le plan économique, il est impos sible à des individualités de s'appuyer sur lui, ou

réclamer de lui, pour la satisfaction d'ambi- Sie personnelles. La Pntradiction est formelle el irréductible. En effet, l'assouvissement d'ambitions personnelles ne pouvant se réaliser que dans Ile domaine de la « Politique », ceux qui tentent de semblables manœuvres et poursuivent, au sein du Parti du Travail, un but particulier et égoïste, n'arrivent qu'à un résultat : s'éliminer du bloc ouvrier.

Il se constate le même phénomène que lorsque un ouvrier devient patron : malgré que ce « parvenu » puisse rester animé de bonnes intentions et conserver ses aspirations révolutionnaires, il s'élimine normalement des groupements corporatifs, — ses intérêts de Classe étant devenus différents. rl

Il en est pareillement du « parvenu » en politique : il cesse vite de militer dans les syndicais et, le plus souvent, une fois arrivé à ses fins, hissé à une situation désirée, il s'élimine volontairement et cesse de militer au sein de l'organisation économique. , .

Or, si les déviations individuelles sont incompatibles avec la constitution organique du Parti du Travail, à plus forte raison est-il hors de toute hypothèse qu'il subisse, dans son ensemble, une dévialion qui ne serait rien moins que sa propre négation. Par cela seul que sa base constitutive est l'intérêt de classe du Prolétariat, il ne peul. à aucun moment et d'aucune facon, servir à satisfaire des ambitions. Il ne peut pas devenir un parti de « politiciens ». Outre que ce serait retomber dans les errements du passé, qui ont épuisé la Classe Ouvrière en luttes stériles et en efforis vains pour elle-même (mais non vains et stériles pour ceux à qui elle a consenti à faire la courte échelle !) cette déviation globale équivaudrait à l'affirmalion que le Prolélariat, délaissant la proie pour l'ombre, dédaignerait de conquérir des améliorations économiques et sociales, pour s'absorber entièrement dans la pourchasse des illusions politiques.

Done, comme il est inconcevable que la Classe Ouvrière. puisse délaisser ses intérêts, il est inconcevable aussi que le Parti du Travail puisse se muer en un parti démocratique.

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Sa Nécessité

Le Parti du Travail est une émanation directe de la Société Capilaliste ; il est le mode d'agrégation des forces prolétariennes, auquel la Classe Ouvrière aboutit logiquement, dès qu'elle prend conscience de ses intérêts.

La Sociélé actuelle est un composé de deux classes dont les intérêts sont en opposition : la Classe Ouvrière et la classe Bourgeoise : par conséquent, il est naturel que chacune d'elles se condense à son pôle social, — les travailleurs à l'un, les exploiteurs au pôle opposé.

La condensation de la Classe Ouvrière constitue le Parti du Travail ; il est donc le groupement adéquat à la forme d'exploitation et c'est pourquoi il se révèle spontanément et sans qu'une idée préconçue préside à sa coordination.

Il est superflu de s'atlarder à démontrer l'existence, au sein de la Société, de deux classes sociales antagonistes qui, loin de tendre à se fondre dans un ensemble homogène, ne font qu'accentuer leur discordance. C'est une vérité d'une évidence si patente qu'il est inutile de s'y appesantir. ;

Cet antagonisme irréductible est la conséquence de l'accaparement, par la Classe dominante, de toutes les forces vives de la Société, — instruments de travail, propriété, richesses de toutes sortes. D'où il s'en suit que la Classe inférieure est obligée, pour vivre, de se soumetire aux conditions que lui imposent les accapareurs.

Cet asservissement au capitaliste du prolétaire qui, en échange de sa force de travail, recoit un salaire notablement inférieur à la valeur du travail produit par lui, salarié, la Bourgeoïisie le proclame un phénomène naturel. Elle va même jusqu'à affirmer le Salariat immuable, — sans être autrement troublée dans ses affirmations par la successive disparilion de l'esclavage et du servage qui devrait la mettre en garde contre l'absurdité de prétendre que la Propriété (dans la forme qu'elle la détient) fasse seule exceplion aux lois de la. Vie, qui sont mouvement et transformation. Cependant, tout en affirmant que les salariés, — en tant que Classe, — sont voués à l'exploitation éternelle, elle trouve habile de les leurrer de la chimère d’une émancipation individuelle, en faisant luire aux veux de ses vic-

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times la possibilité de s'évader du Salariat el de prendre rang dans la Classe capitaliste. .

Outre que ces espoirs onf, pour la Bourgeoisie, le mérite de faire prendre en patience leur mauvais sort, par les exploilés, ils neutralisent ou tout au moins ralentissent l'éclosion de la conscience de Classe du Prolétarial.

L'éducation et l'instruction dont sont gratifiées les jeunes générations n'ont pas d'autre bul ; elles sont soumises à une méthode d'émasculation intellectuelle, basée sur le ressassement des préjugés ct assaisonnée de prêches sur la résignation et aussi d'incitations à un égoïsme féroce,

On explique que, dans la société acluelle, chacun a le lil qu'il se fait el y lient la place qu'il mérite : qu'il s'agit pour « parvenir » d'être travailleur, probe, sobre, intelligent, ele... Ce qu'on ne dit pas, — mais qui est sous-entendu, — c'est qu'à ces « qualités » il faut en ajouter une autre : il faut être dénué de scrupules et jouer des coudes, sans se préoccuper de ses semblables.

La vie, au point de vue bourgeois, est un combat continue}, engagé entre les humains ; la sociélé est un champ clos où chacun a, en tous, des ennemis.

Dévoyé par ces sophismes, le Prolétaire rêve d'abord d’une évasion individuelle du Salariat. Puisque le travail mène à tout et qu'avec de l'ordre el de la persévérance on s'enrichit, — il s'enrichira ! La Richesse n'est d’ailleurs, à ses yeux, que l'indépendance et la liberlé conquises, ie bien-être assuré. Hélas ! il lui faut abandonner ses rêves. La réalité l'étreint et il doit s’avouer qu'il est matériellement impossible aux travailleurs d'acquérir l'ai- Sance désirée. Pour s'émanciper individuellement, il lui faudrait posséder ses instruments de travail et les moyens de les melire en œuvre. Or, la production moderne, formidablement indusirialisée, exige des mises de fonds si considérables qu'il serait fou à un ouvrier de songer à économiser sur sa

paye le pécule nécessaire à l'acquisition d'une usine.

Cette opération ne peut se mener à bien qu’en « économisant », non pas sur la paye d'un seu] et unique ouvrier, mais sur le salaire de dizaines et de centaines d'enire eux. Or, il est bien évident que celui qui se livre à cet écrémage d'une part d:

! L Ê & ira- Vail, sur une collectivité d'ouvriers, n'est pas qu'un

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ouvrier, — il est un exploiteur et la fortune qu'il acquiert est le produit du vol de ses semblables.

Certes, il arrive que des prolétaires émergent de leur Classe ; grâce à des circonstances exceptionnellement favorables, des individualités puissantes, sans scrupules Sur le choix des procédés, parviennent à se faufiler dans la Bourgeoisie. Il en est même qui, d'ouvriers à leur origine (un Carnegie, un Rockefeller, etc.) sont devenus des rois de l'Or.

Ces parvenus, la Bourgeoisie les fait siens. Elle les accueille avec d'autant plus de plaisir qu'en Jui infusant un sang nouveau ils consolident ses privi lèges ; d'autre part, elle les exhibe, en guise d'arguments péremptoires, pour démontrer qu'il est facile aux ouvriers « économes » de s’embourgeoïi. ST.

Il serait naïf, aux travailleurs, de se laisser af. frioler par cette amorce et de se satisfaire à l'es. poir de pareilles chances. Ce serait se bercer de la même chanson que les bergères de la légende rê vant qu'un prince Charmant allait venir les deman der en mariage.

Et puis, après ?... Quand même il serait exact que les mieux doués du Prolétariat peuvent s'élever à la fortune, la siluation de la masse n'en serait pas modifiée : les travailleurs continueraient à trimer pour leurs exploiteurs, à pâtir malériellement et moralement, sans autre perspective que de se reposer dans la lombe.

Donc, l'évasion individuelle du Salariat, — qui d'ailleurs implique pour les parvenus la nécessité d'exploiter leurs frères de classe, — n'est pas un remêde au Mal Social qui afflige le Prolétariat. -Ces « évasions » ne peuvent se manifesler que sur un plan restreint et elles impliquent uniquement des Modifications de situations individuelles, n'influant en rien sur le sort de l'ensemble des travailleurs qui continuent à besogner au profit des maitres et des dirigeants.

Au surplus, quand bien même serait plus considérable le nombre de ceux qui parviennent à AN aisance relative, voire même à la richesse, que n'en disparaîtrait pas pour cela l'antagonisme qui Oppose la Classe productrice À la. Classe parasitaire, Tant que les rapporis sociaux resteront ce qu'ils sont, — rapports de patron à salarié, de dirigeant à dirigé, — [e problème se posera et la Lutte de Classes Sera un phénomène inéluctable.

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A supposer même que les gémissements des foules écrasées el brovées sur le champ de bataille social parvinssent à troubler la quiétude des satisfaits et que ceux-ci, par esprit charitable ou par pure roublardise, condescendissent à assurer la vie matérielle aux exploités, la fusion des classes ne serait pas la conséquence de cet interventionnisme ce sociélé ne serait pas pacifiée, grâce à ce remède.

On l'a dit souvent : « L'Homme ne vit pas que de pain ! » C'est pourquoi la Question Sociale n'est pas qu'un problème matériel. 11 ne nous suffit pas, pour être heureux el satisfaits, d'avoir la « croûte » assurée, nous voulons aussi être libérés de toutes les entraves et de toutes les dominations ; nous vouions être libres, ne dépendre de personne et n'avoir avec nos semblables que des rapports d'égalité, malgré la diversité des capacités, du savoir ef des fonctions.

Il s'agit donc de modifier la structure de la société, de sorte qu'il n’y ait plus qu'une catégorie

possible, — qu'une Classe : celle des producteurs. Cette transformalion essentielle n'est réalisable que sur une base communiste, — le communisme seul

pouvant assurer à chaque être humain sa complète AN ROIIE et la plénitude d'épanouissement indiviuel.

Autrefois, avant que la grande industrie n'ait éliminé l'artisan de son pelit atelier, — ne l'ait exproprié de son instrument de travail, — l'ouvrier pouvait entrevoir la possibilité de se créer une existence rude, mais indépendante, Aujourd'hui, dans * l'industrie, ce rêve n'est qu'exceptionnellement réalisable,

Dans les campagnes, encore, le paysan peut espérer se faire, sur un lopin de terre, une vie relativement libre. Cependant, cette libération tend à devenir de plus en plus difficultueuse (et qui plus est, souvent, très précaire), grâce à l’'accaparement des terres par les riches, à l'accroissement des impôts, à la rapacité des intermédiaires. Et puis, de quelles angoisses est accompagnée la libération du paysan ! Constamment, il a l'appréhension du per- Cepteur, du préteur d'argent et il mène une exietence sans joie, écrasante d'uniformilé, trimant cornme un bœuf de labour.

Cette autonomie du paysan et de l'arlisan, d'ai- Jeurs conquise au prix de rudes efforts, est une

émancipation d'autant plus illusoire que tous deux restent sous la dépendance du capitalisme et que leurs gains sont mdiques, en comparaison de là somme de labeur q. is s'imposent. Ils sont des hybrides de la société, qui ne peuvent se classer exactement, ni dans la Bourgeoisie, ni dans le Salariat ; ils sont une survivance de l’Artisannerie ei de la Paysannerie ; malgré que leur classification soit imprécise, leurs intérêts sont identiques à ceux de la Classe Ouvrière. Actuellement, cependant, on ne peut les criliquer de préférer leur sort à celui du salarié ; seulement, ils doivent se dire que leur condition de vie est un vestige du passé et qu'il est de leur intérêt d'aider à la transformation Sociale qui se prépare : ils ont, en effet, fort à gagner à ne pas opposer de résistance à la Révolution, mais, au Contraire, à participer à son triomphe et à s'adapter aux modes nouveaux de production et de réparlition.

Ainsi, il s'avère combien est illusoire le leurre d'émancipation individuelle que préconise la Bourgooisie ; des diverses modes d'évasion personnelle du Salariat qui s'offrent en hypothèses, aucun n'est susceplible de généralisation et, par conséquent, ne peut être acceplé par l'ensemble des travailleurs, comme un remède à leur triste sort, puisqu'aucun er aple à assurer, pour tous, une vie libre et aisée.

Done, si ce leurre d'émergement individuel hors du Salarial a élé prôné par la Bourgeoisie, c’est qu'elle y a vu un dérivalif pour empêcher la Classe Ouvrière de s'élever à sa Conscience de Classe. En éveillant les appétits, en surexcitant les convoitises égoïisles, elle a escompté entretenir indéfiniment au sein du Prolétariat l'intestine discorde, de manière que chacun ne songeant qu'à jouer des coudes, la préoccupalion unique soit de Se hisser sur le dos des camarades et que soit réfréné l'esprit de révolte PRE PSS les naturelles tendances à la solidarité.

Mais, l'Etre Humain ne pouvait se plier fatidiquement à l'esclavage perpétuel ; les germes de discorde et de haine dont, pour sa sécurité, la Bourgeoisie attendait la floraison au cœur du Peuple sont une ivraie dont le pullulement ne peut étoulfer sans fin le développement des instincts de sociabilité, car l'accord pour la vie est, pour la perpélua-

lion de la société humaine, autrement primordial

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que la féroce « lutte pour l'existence » chère aux exploiteurs. |

Par conséquent, malgré les sophismes et les mensonges dont on le salurail, il était fatal que le Prlétariat parvienne à prendre conscience de ses in térêts de Classe, d'autant que la plus faible lueur d'un raisonnement, même incertain, devait l'ame-

ner à conslaler que le Mal Social n'est pas inéluc- .

table.

Pourquoi les flagrantes el révollantes inégalilés ? Pourquoi des miséreux manquenl-ils de la pitance quotidienne, alors que certains ne savent comment gaspiller leur superflu ? Pourquoi des hommes, pour un travail infernal ne reçoiveul-ils qu'un salaire insuffisant, alors que des parasites regorgent de bien-être et de luxe ?

Pourquoi cela ? La production, tant agricole qu'industrielle, est-elle insuffisante pour parer aux besoins de lous ?

Non pas ! Toul homme qui s'emploie à une béso- &ue ulile produit, au cours de la période de validité de Sa vie, plus qu'il n'est nécessaire pour faire face largement à sa consommation (nourriture, vétement, habitat, etc.) ; en cette période il produit, en outre, assez pour rembourser à la communauté les avances qu'elle a faites pour l'élever jusqu'à l'âge viril et il produit suffisamment aussi pour S'assurer à lui-même de quoi vivre, alors qué, lu vieillesse venue, il ne pourra plus travailler.

Or, si l'existence de chacun n'esl pas assurée, — tant pour le présent que pour l'avenir, — du fait de cette intensité de production personnelle, c'est que cette richesse n'est pas uiilisée à garantir la vie à ses ayants-droit naturels, c'est qu'elle est détournée de sa destination sociale par la Classe capitaliste et canalisée à son principal profit,

Que le niveau de la production, — tant agricole qu'industrielle, — soit assez élevé pour qu'il puisse être fait face aux besoins de lous, c'est ce qui est désormais hors de toute contestation.

Au point de vue industrie], la possibilité de production est, grâce à l'énorme perfectionnement de l'outillage, à peu près indéfinie ; c'est tellement vrai que, malgré la prudence des industriels qui S'efforcent chacun de limiter la production de « leurs » ouvriers aux demandes du marché commercial, la pléthore se manifeste souvent, sous forme de crises

de surproduclion, Les plus durément alleints, en.

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