‹ Emile pouget le parti du travailChapitre 2 sur 3 · PATES · texte numérisé non relu

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ces circonslances, sont les travailleurs : ils subissent la douloureuse répereussion de ces crises, car pour rélablir l'équilibre les exploiteurs nentrevoient d'autre solution que de ralentir la produclion, ce qui intensifie le chômage et crée, pour la Classe Ouvrière, davanlage de misère. ,

Au point de vue agricole, le tableau est aussi sombre : on ne Cullive pas pour avoir des récoltes prodigieuses et créér ainsi de la nourrilure en abondance ; on cultive en espoir d'une vente rémunératrice, Or, comme les prix de vente baissent, les années de grande récolte et qu'alors, au contraire, la main-d'œuvre a tendance à enchérir, les cultivateurs préfèrent, à une récolte prodigieuse une récolle passable, car celle-ci est d'un écoulement plus facile et plus avantageux.

Voilà donc la situation générale : l'abondance des produits de toute sorte est plus redoutée que désiréo et il y a tendance à les raréfier, afin de les vendre plus cher. Les besoins de la masse humaine n'enlrent jamais en ligne de compte dans les soucis des capilalistes qui président à la production ; on à le spectacle monstrueux de populations entières manquant du strict nécessaire, — et trop souvent mourant lilléralement de faim, — alors qu'il y a, en suffisance, de quoi les alimenter, les vêlir, les loger. .

Une iniquité aussi criante condamne, sans qu'il soit besoin de plus amples justifications, l'organisation sociale qui l'éengendre. Il est de mécessité de bouleverser ce système de répartition monstrueuse qui atlribue presque tout à une minorité diri eante, exploiteuse el parasitaire et peu, ou rien, à la ma- Jorité, créatrice des richesses. Or, étant donné le degré de développement industriel et scientifique, celte solulion n'apparaît réalisable que grâce à une transformation essentielle : au régime d'exploitation qui mel en commun les forces humaines, pour les faire produire au profit de l'accapareur des forces naturelles et des instruments de travail, il faut substiluer un régime de solidarilé mettant en commun les forces naturelles et les instruments de travail, pour les faire produire au bénéfice de tous.

Celle transformation est une inéluctable fatalité et l'heure de sa réalisalion se rapproche au fur et mesure que la Classe Ouvrière prend mieux conscience de ses intérêls de classe. Mais, cetle œuvre de réorganisation sociale ne peut s'élaborer et se

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meher à bien que dans un milieu indemne de toute contamination bourgeoise. Cette fonction de matrice de la société nouvelle est donc dévolue logiquement au Parti du Travail, — le seul organisme qui, en verlu de sa constitution même, élimine de son sein toutes les scories sociales.

Par conséquent, la condensation de la Classe Ouvrière en un bloc distinct de tous les parlis, — ayant une tactique propre et des moyens d'action adéquats, — n'est pas un phénomène éphémère : il est une nécessité inhérente au milieu actuel, car ce nest que dans un tel parti, — qui implique l'homogénéité parfaïte, l’ideniité absolue des intérêts, — qu'il y a pour elle groupement normal.

Partout ailleurs, dans tout autre groupement, peuvent s'infiltrer des éléments de la Classe possédante, l'ambition des individus peut y avoir une répercussion néfaste. C'est pourquoi aucun n’a el ne peut avoir l'unité de vues, d'action et de but qu'a, automatiquement, le parti de Classe du Prolétariat ; c'est pourquoi aussi, nul n’est aussi nettement qualifié pour poursuivre et mener à bien l'œuvre de révolution, d'expropriation et de réorganisation sociales.

Son But

Le Parti du Travail est le parli de l'avenir. Dans la Société harmonique dont l'aurore pointe, il n'y aura de place que pour le Travail ; les parasites de tous ordres en seront fatalement éliminés. Il est donc naturel que le Parti du Travail, qui est le creuset où s'élaborent les combinaisons sociales des demains espérés, se constitue en dehors de tous les partis existants. C'est d'autant plus normal qu'il se distingue d'eux, non seulement par sa forme de cohésion, mais aussi, par le but qu'il poursuit et par les méthodes d'action qu'il préconise et pratique.

. Tandis que tous les autres partis ont pour objectif le maintien ou le déplacement du personne] gouvernemental, — qu'ils escomptent être ou devoir être favorable à leurs appétits, à leurs ambilions, ou simplement à leur coterie, le Parti du Travail néglige cette besogne extérieure et toute de façade et poursuit la transformation inlime et intérieure des éléments sociaux ; il travaille à modifier les

mentalités, les formes de groupement, les rapports économiques. Lo LE

Le but qu’il poursuit est l'émancipation intégrale des travailleurs. Faisant sienne la formule de l'Associalion Internationale des Travailleurs, dont il est l'héritier logique, il pose pour inéluctable que celte émancipation sera l'œuvre propre de la Classe Ouvrière, sans immixtion d'éléments extérieurs ou hétérogènes. Il est évident que, pour n'être pas illusoire, celte émancipation devra impliquer l'élimination de la Classe Bourgeoise et la destruction complète de ses privilèges.

C'est dire que le Parti du Travail poursuit la transformation radicale du régime social.

L'examen des phénomènes économiques démontre que cette transformation devra s'accomplir par la neutralisation de la propriété individuelle et l'efflorescence d'un régime communiste, afin que soient substitués aux rapports actuels entre individus — qui sont ceux de salarié à capitaliste, de dirigé a dirigeant, — des rapports nouveaux et normaux : des rapports d'égalité et de liberté.

I n'y aura, en effet, intégralité d'émancipation que si disparaissent les exploiteurs et les dirigeants et si table rase est faite de toutes les institutions capitalistes et étatistes. Une telle besogne ne peut être menée à bien pacifiquement, — et encore moins, légalement ! L'Histoire nous apprend que, jamais, les privilégiés n'ont sacrifié leurs privilèges sans y être contraints et forcés par leurs victimes révoliées. Il est improbable que la Bourgeoisie ait une exceptionnelle grandeur d'âme et abdique de bon gré... Il sera nécessaire de recourir à la Force qui, comme l'a dit Karl Marx, est « l’accoucheuse des sociétés ».

Donc, le Parti du Travail est un parti de Révolution,

Seulement, il ne considère pas la Révolution comme un cataclysme futur, qu'il faille espérer pa-

.tiemment du jeu fatal des événements.Cette attente,

en pose hiératique.de la catastrophe finale,ne serait que la transposition et la continuation, dans un plan matérialiste, des vieux rêves millénaires.

La Révolution est une œuvre de tous les instants, — d'aujourd'hui comme de demain : elle est une action continuelle, une bataille de tous les jours, sans trêve ni répit, contre les forces d’oppression et d'exploitation. Est révolutionnaire et fait acte de ré-

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