‹ Emile Verhaeren,Chapitre 2 sur 9 · PROPOS LIMINAIRE · texte numérisé non relu

PROPOS LIMINAIRE

Verhaeren est mort! murmurent les grands quotidiens, en trois petites lignes recroquevillées, emmi les fluctuations de la Bourse et la réclame pour un quelconque Lion noir. Cependant qu’en première page s’étalent les affres des estomacs allemands torturés par la faim. Soit. En 1914, on publiait des photos de tranchées — très confortables, ma chère! — Mais çà ne prend plus. Soit. La mode change. N'insistons pas.

Aussi bien, pour nous qui ne puisons dans les Bourreurs de : crâänes que le strict nécessaire quotidien de nouvelles, il importe assez peu. Ces trois lignes ont suffi. Nous avons senti quelque chose, soudain, nous manquer. Nous avons douté... Mais non, la nouvelle est bien vraie !... Plus d'espoir !

Alors, nous avons voulu conserver en nous l’amitié de cet homme qui nous fut cher, le célébrer entre nous. C’est le but de ce numéro.

D'autres l'ont fait déjà. Et M. Francis Viélé-Griffin — a) drôle de nom français, tout de même! mais n’insistons toujours pas — clame dans le Mercure de France (1« janvier RE Ta mort met à la lèvre une amertume lelle Que c’est ta haine que nous voulons immortelle !

Nous voulons, nous, plus simplement, honorer le Flamand, le Poète, mieux l'Homme dont nous n’avions pas désespéré, celui qui écrivit à G. Pioch :

Je suis aujourd’hui un être de haine que les malheurs de son pays ont exaspéré. J'admire Romain RoHAre mais je ne puis aller jusqu'au bout de son geste.

Il nous fût retourné, la tourmente passée si la fatale mort ne l’avait pas broyé! en Nous en avons l’intime et ferme AE ; Mais aujourd’hui, règne la mort. k 1 Hélas ! ls M. W.

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