EN MÉMOIRE
Il y en a qui sont venus
À la pompe des funérailles,
. Et ceux-là ont dit leur deuil
Devant ton tragique cercueil
En lourds sanglots gémis de leurs douloureuses entrailles.
I] y en a qui sont venus
À la pompe des funérailles
Dire des mots, des mots, des mots, Rien que des mots.
Et moi
J'étais dans ma caserne;
Et j'ai senti, farouche, muette,
L’angoisse serrer ma gorge entre ses doigts froids :
Tant de frères broyés là-bas,
Tant de voix jeunes et belles qui se sont tues Avant que l'heure fût venue!
Et toi aussi, toi tu t'en vas,
‘Toi le Père, le Chef, toi le plus fier soldat!