‹ Emile Verhaeren,Chapitre 3 sur 9 · EN MÉMOIRE · texte numérisé non relu

EN MÉMOIRE

Il y en a qui sont venus

À la pompe des funérailles,

. Et ceux-là ont dit leur deuil

Devant ton tragique cercueil

En lourds sanglots gémis de leurs douloureuses entrailles.

I] y en a qui sont venus

À la pompe des funérailles

Dire des mots, des mots, des mots, Rien que des mots.

Et moi

J'étais dans ma caserne;

Et j'ai senti, farouche, muette,

L’angoisse serrer ma gorge entre ses doigts froids :

Tant de frères broyés là-bas,

Tant de voix jeunes et belles qui se sont tues Avant que l'heure fût venue!

Et toi aussi, toi tu t'en vas,

‘Toi le Père, le Chef, toi le plus fier soldat!

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