PRÉFACE - VII
s'accumulait outre-Rhin, et sur les graves périls dont cette-force menacçait la France et le monde, tant par ce qu’elle avait de rationnel et de positif 'dans sa contexture que par ce qu’elle comportait d’aveugle, d'excessif et presque de démentiel dans ses ambitions.
Tel avait été l'objet des deux premiers volumes de sa
| Philosophie de l'impérialisme, consacrés à Gobineau
et à Nietszche, ainsi que de nombreuses études publiées entre 1900 et 1910 dans divers périodiques, la Revue des Deux Mondes notamment et le Journal des Débats. Mais dès cette époque la pensée de M. Seillière se portait de préférence sur notre pays pour y mettre en évidence les ravages d’un autre impérialisme, l'impérialisme démagogique, appuyé sur le mysticisme rousseauiste ou romantique. Telle était déjà la préoccupation dominante des deux derniers volumes de la Philosophie de l’Impérialisme, qui traitaient des origines du socialisme romantique, ce dangereux concurrent du so-
cialisme rationnel dont M. Seillière pense et dont, sous
certaines réserves, nous pensons avec lui que la réalisation doit être l'œuvre de l'avenir. Deux volumes ultérieurs, Fénelon et Madame Guyon précurseurs de Rousseau et Le péril mystique dans l'inspiration des démocraties contemporaines, devaient asseoir sur ses bases définitives, et tout ensemble préciser, nuancer et approfondir la critique seilliérienne du mysticisme démocratique et du romantisme social.
Cependant, au cours d'une autre série d'ouvrages. M. Ernest Seillière s'attachait à l’autre rameau prin-