‹ Émile Zola 1923Chapitre 33 sur 77 · ENT ES PUS · texte numérisé non relu

ENT ES PUS

mortellement malade, adoptera sous nos yeux les mystiques convictions de la Christian Science, 81 proche parente, elle aussi, du Quiétisme catholique. La pensée de son impuissance devant la malàädie s'imposera de telle sorte à son esprit que, renonçant à tous les soins matériels, il jugera que

l'unique sagesse est de laisser agir la vie, de laisser la

nature évoluer, éliminer les éléments dangereux, ne travailler qu'à son labeur final de force et de santé. Tâche dont la divinité de Rousseau s’acquittera fort mal à son égard, puisqu'il mourra peu après de son angine de poitrine et l’on peut fortement douter, nous l’avons dit, que la nature ait fait œuvre de santé future par son intermédiaire lorsqu’elle lui a permis de concevoir, dans des conditions si contraires aux règles de l'Eugénisme, cet enfant inconnu, rédempteur du monde moderne, auquel

aboutit l'arbre généalogique des peu édifiants Rougon.

Tel est le dernier mot (purement rousseauiste sous son fard scientifique sifacilement écaillé) de la grande enquête entreprise par Zola vers sa trentième année sous le patronage ostensible de Claude Bérnard; tel est le résultat de l’ « expérimentation » prétendue qu'il a instituée sur son époque. Le mysticisme dela science achève d’y abdiquer en fin de compte devant le pur Naturisme de Jean-Jacques. Dès 1885, il avait écrit à un ami : « Il faut chercher avant tout dans mes œuvres une philosophie particulière de l'existence. Mon rôle a été de remettre l’homme à sa place dans la création, comme un produit de la terre soumis à toutes les influences du milieu. Et, dans

Page 1