‹ Émile Zola 1923Chapitre 76 sur 77 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Nous ne suivrons pas Zola sur le terrain où se sont exercées les dernières activités de sa plume, celui de l'affaire Dreyfus. Là, il marcha du côté où .1l pressentait la justice et il yalla de grand courage, toute sa vie n'ayant été au surplus qu’un long entrainement à la lutte contre l'opinion ambiante. Mais il y alla aussi, par malheur, avec tout son bagage ancien et récent d’utopie, avec sa phraséologie suspecte de démagogue mystique, ce qui le fit mal écouter, avec prévention, avec passion, de tous les partis. — Non, quoi qu'il en pensât dans son orgueil de Messie du romantisme esthétique et de privilégié du talent, il n'avait nullement l'autorité morale nécessaire, après ses débauches de mysticisme passionnel provoquant, pour se faire écouter de sang-froid sur une question, si éloignée au surplus de sa compétence.

En outre, ni son recueil de pages polémiques sur cette fâcheuse affaire, la Vérité en marche, ni son dernier roman, qui s'intitula Vérité. ne nous fourniraient de nouvelles lumières sur ses dispositions romantiques, qui font l’objet de notre étude. Rappelons seulement que ce récit est une transposition,

CONCLUSION JD

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assez malencontreuse, du drame judiciaire dans lequel il avait réclamé son rôle : ces pages s’encombrent par surcroît, d’une lourde apologie de l'éducation laïque (mais aussi trop rousseauiste en ses postulats) dont l’auteur espère le salut de la France, empoisonnée jusqu'ici dans ses rejetons par la pédagogie chrétienne. Marc Froment, troisième fus de l'ex-abbé Pierre et troisième évangéliste du Messie Zola, est un instituteur primaire de petite ville, qui, dans une hideuse affaire criminelle, tient à peu près le rôle de justicier volontaire et persécuté que Zola s'était attribué dans le procès du capitaine Dreyfus.

Nous ajouterons qu'au point de vue technique, l'artiste nous paraît nettement en baisse dans la série de ces tentatives «évangéliques » dont sa mort aceidentelle interrompit le cours en 1902. Il fait de plus en plus long, ce qui n’est pas bon signe ; il prêche et théorise chaque jour davantage : il pousse à l'extrême l'arbitraire de sa chronologie déjà plus d’une fois fantaisiste dans les Rougon : et, par exemple, Fécondité nous peint nos descendants de l’an 2000 exactement dansie même cadre scientifique et social que nous-mêmes en 1900 : ce que, sans prêter au soupçon d’utopie, on peut juger beaucoup trop étroit ! À notre avis, il restera l’un des interprètes typiques de la cinquième génération rousseauiste. Poète descriptif d’une rare puissance, écrivain de style ferme et vivant, il recevra certes de l’avenir une place éminente dans notre histoire littéraire et nous le considérons pour notre part, comme supérieur à Balzac en tant qu'artiste du verbe. À notre

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