DU MÊME AUTEUR
Étude clinique de la mélancolie sénile chez la femme, inS'. Th. de Paris, 1891.
Les causes de la folie, prophylfizle et assistance, in-8'. Société d'iSditions scieiilifiquos, 1896, 7 fr. 50
ieet Stéréotypie A. MtJEtTâ et L. BoDcutRDEtD.
Mou cher docteur,
Votis me soumettez le travail que vous avez fait sur mon individualité physique et morale, et vous me demandez l'autùrisation de publier ce travail. J'ai lu les donnes feuilles, elles m'ont beaucoup intéressé, en me rappelant le plaisir que J'ai pris moi-même aux si nombreuses et si longues expériences que iioiis avons faites ensemble; et, certes, je vous donne bien volontiers l'autorisation que vous désirez, en contre- signant vos pages, comme authentiques et vraies.
Cette autorisation, je vous la donne d'abord parce que je n'ai eu qu'un amour dans la vie, la vérité, et qu'un but, faire le plus de vérité possible. Tout ce qui tend à faire de la vérité, ne peut être qu'excellent. Et qufl vif intérêt présente une étude comme la vôtre, établisfant sur des données certaines, par des expériences décisives, la vraie Jtature physique et psijcho logique d'un écrivain ou d'un artiste. Le fait est une certitude contre î
fait de moi un malotru^ un bœuf de labour^ de cuir épais, de sens gi'ossiers, accomplissant sa tâche lourdement^ dans Vnnique et vilain besoin du lucrle. G? and Dieu ! moi qui mép7ise Pargent, qui
rien ne prévaut. La contribution que vous allez^ apporter ainsi est définitive. Si vous ne vous mêlez pas de critique littéraire, je défie bieîi pourtant qxiun critique puisse négliger^ après vous, les docume7its que vous aurez fournis sur les sujets soumis à vos expériences.
Et je vous donne aussi mon autorisatioji, parce que je n'ai jamais rien caché, n'ayant rien à cacher, y ai vécu tout haut, f ai dit tout haut, sans peur y ce que fai cru qu'il était bon et utile de dire, * |
Parmi tant de milliers de pages que j'ai écinles, je \
n'ai à en renier aucune. Tous ceux qui pensent que i
mon passé me gêne, se trompent singulièrement, \\
car ce que j ai voulu, je le veux encoi^e, et à peine y
si les moyens ont changé. Mon cerveau est comme !^
dans un crâne de verre, je Vai donné à tous et je :
ne crains pas que tous viomnit y lii^e. Et quant à ma guenille humaine, puisque vous croyez qu'elle peut être bo7ine à quelque chose, comme enseignement et comme leçon, prenez-la donc : elle est à '
vous, elle est à tous. Si elle a quelques tares, il me '
^r ' semble pourtant qu'elle est assez saisie et assez ■
forte^ pour que je ne sois pas trop ho7iteux d'elle, \
D'ailleurs, qu'importe ! J'accepte la vérité, \
[^ Enfin, cette autorisation, je ne vous la donne pas \
satis quelque malin plaisir, Savez-vous que votre \
:5. étude combat victorieusement l'imbécile légende,
!>■ Vous ne pouvez ignorer que depuis tre?ite ans on
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je vois deux avantages. L'observateur ne peut passer pour avoir abusé des confidences qu'il a reçues, et sa délicatesse est de la sorte à Tabri de tout" soupçon. D'autre part son œuvre, lue par le sujet lui-même avant qu'elle ne soit imprimée, gagne en aulhenticité et en vérité. Et son indépendance ne sera pour cela diminuée en rien ; si c'est un honnête homme de science, il dira la vérité, simplement.