MoiiEAu (de Tours), ouv. cité, p
3. UitNOUVRtBB, Sur l'interprétation de la quantité dans Tcncéphale et du poids du cerveau en particulier, Mémoires de In Société d'anthropologie de Paris, 1888, 2" série, t. UI, p. 137-32*.
Id. Essai sur les qualités intellectuelles considéré es .en fonction de la supériorité cérébrale quuntitaljve. Revue de l'Hcole d'anthropologie, t. II, 1894, p. 6S.
lui donnant des développements considérables. Une de ses preuves estcelle-ci*. Quatre études de séries différentes d'hommes parisiens, faites par Sappey, par Broca ou par Manouvrier, ont donné la moyenne de 4.357 à 1.360 gr. pour le poids du cerveau. Or sur une série de 35 crânes d'hommes distingués de la collection de Gall, M. Manouvrier a trouvé une capacité en rapport avec 4.448 gr. Sur une autre série de 45 hommes distingués, dont on a pu peser directement l'encéphale, le même auteur a trouvé la moyenne de 1.498 gr. 5, supérieure de 140 environ à la moyenne générale. Cette supériorité pondérale est encore plus nette en comparant les crânes de ces hommes distingués, dont certains étaient âgés, avec une série de crânes de sujets quelconques comportant un même nombre de vieillards. Il est à noter aussi que, parmi les 7 (sur 80) de ces hommes distingués dont le poids encéphalique était inférieur à 1.300 gr., 3 avaient de 71 à 79 ans, c'est-à-dire étaien t dans une période de la vie où le cerveau s'atrophie généralement. lî semblé donc légitime de conclure de ces faits que la supériorité pondérale « constitue une condition des plus importantes de la supériorité intellectuelle puisqu'elle fait rarement défaut w.Mais ce n'en estpoint évidemment la seule conlciition. M. Manouvrier, qui est convaincu que c'est la plus nécessaire pour les plus hautes formes d'intelligence, remarquables par le nombre, la variété et la complexité des faits utilisés, montre parfaitement que d'autres
1. Manouvrier, Essai sur les qualités intellectuelles, etc., p. 70 elsuiv.
conditions doivent, en son absence, déterminer des variétés de supériorité intellectuelle. Un cerveau peut avoir certains «entres plus développés, par exemple celui de la parole, ce qui donnera une distinction spéciale au sujet. Si, d'autre part, les phénomènes chimiques, dont les faits de conscience sont probablement les résultats, sont très rapides, il s'ensuivra une utilisation parfaite de ces derniers. De même un cerveau très bien nourri sera capable de faire un excellent travail. A ces conditions il faudrait en ajouter probablement beaucoup d'autres que nous ignorons, car la question doit être en réalité bien plus complexe que nous ne pouvons le concevoir.
La quantité paraît être au fond la valeur propre de toute chose. D'ailleurs, comme le fait justement remarquer M. Manouvrier *, la qualité n'est, ainsi que le disait' Kant, « qu'un aspect particulier de la quantité, résultant de la comparaison de quantités inégales w. On peut donc accepter, tout au moins de cette manière, que la supériorité intellectuelle soit, en dernière analyse, une supériorité quantitative. Mais pour interpréter la quantité brute que nous donnent les pesées, que d'éléments sont nécessaires ! On en possède quelques-uns. C'est ainsi que le poids cérébral est proportionnel à la taille, bien que la proportion ne croisse pas d'une façon égale avec l'augmentation delà stature. Mais combien d'autres éléments nous échappent ! Il faudrait d'abord savoir quelles sont les parties du
1. Manouvrier, Sm?* l'interprétation de la quantité dans Vencé- . phale, ouv. cité, p. 145.
cerveau qui sont plus particulièrement dévolues à Factivité psychique. Bien qu'il n'y ail pas de lerriloires physiologiques aussi nettement localisés qu'on Ta cru un temps, il est probable que tous les points de Tencéphale ne sont pas également nécessaires au travail psychique et surtout aux modes supérieurs de ce travail, puisque leur destruction ne les compromet pas. Les zones motrices par exemple doivent être dans ce cas. Or celles-ci seront d'autant plus développées qu'elles seront en rapport avec des muscles plus volumineux et plus souvent exercés, 11 faut donc tenir compte de la vigueur physique. M. Manouvxner compare . le poids ; de réncéphalë au poids du fémur, qui peut donner une idée de la masse active du corps.
Le même raisomaement est applicable aux rapports du volume cérébral et des fonctions viscérales et sensorielles, qui peuvent être plus ou moins développées. Il faudrait donc pouvoir ne peser que les parties du cerveau qui paraissent être surtout en relation avec l'activité psychique supérieure. Et encore dans ces parties-là bien des choses seraient à distinguer. Une portion de tissu encéphalique se compose morphologiquement de substance grise et de substance blanche. Il est probable que la première est plus nécessaire que la seconde et aussi que la névroglie, dont le rôle est moins important encore. C'est en somme la cellule, le neurone, ce qui sert directement au travail psychique, qu'il faudrait atteindre par la pesée.
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Mais ce n'est pas tout. M. Berthelot, à qui je causais un jour de ces queslioiis, me disait qu'il avait eu à une époque Tidée d'étudier la quantité d'eau de l'encéphale ; il lui semblait que les cerveaux devaient se différencier en partie par là. Il est en effet probable qu^une plus grande teneur en eau, qui rendra un cerveau plus ou moins pesant, ne lui conférera pas une plus grande aptitude psychologique. Tous ces éléments — et bien d'autres encore — qui peuvent faire varier le poids du cerveau, nous manquent. Il est possible que cerlains cerveaux, appartenant à des hommes intelligents et dont le poids brut est minime, aient en réalité un poids net de matière pensante plus considérable que certains cerveaux plus volumineux et appartenant à des individus peu doués. Cela pourrait peut-être expliquer certaines contra dictions apparentes.
Une autre question qu'il faudrait résoudre, ce serait celle de l'influence du travail intellectuel sur le développement de l'intelligence et par conséquent sur l'accroissement quantitatif du cerveau. Ce dernier peut être comparé à un muscle qui devient plus gros par l'entraînement, qu'il y ait une augmentation du volume ou du nombre des fibres musculaires. 11 est vraisemblable que le travail intellectuel puisse déterminer des phénomènes analogues pour les neurones et leurs ramifications. Mais ces éléments d'interprétation viendront peu à peu, à mesure que l'analyse sera poussée plus loin. Dans celte question du poids de l'encéphale, on va, comme partout ailleurs sur le
terrain scientifique, pas à pas ; le mieux est donc de prendre le plus de mesures possible, c'esl-àdire d*observer le plus de faits.
Mais comment déterminer le poids de Tencéphale chez les vivants ? On ne peut que Tinférer par Tétude des diamètres extérieurs du crâne pris avec le compas d'épaisseur et le compas glissière. Ces diamètres qui donnent les trois dimensions du crâne sont les suivants :
Le diamètre antéro-postérieur maximum, delà glabelle au point le plus saillant de l'occiput, sur la ligne médiane ;
Ou mieux le diamètre métopique, qui diffère du précédent en ce que le point de repère antérieur est situé sur la ligne médiane, au niveau de la partie inférieure des fosses frontales, c'est-àdire au-dessus de la glabelle. Il évite la cause d'erreur fournie par le sinus frontal, qui peut être plus ou moins développé sans que Tencéphale suive ses variations. Le diamètre métopique donnerait donc des renseignements plus exacts que l'antéro-postérieur, auquel il devrait être substitué.
Le diamètre transverse maximum ;
Le diamètre vertical mesuré comme le fait M. Manouvrier à l'aide du compas glissière, du vertex au milieu du tragus qui correspond à peu près à la partie inférieure du canal auditif externe, c'est-à-dire à la base du crâne.
A ces diamètres, on peut joindre le frontal minimum, pris sur les deux points les plus rapprochés de la crête latérale du frontal.
E>C»CÈTE MÉDICO- PSYCHOLOGIQUE
Voici quelques mesures qui me serviront de termes de comparaison :
se JETE IXillyES
Soldats.
Prévenus.
Médecins.
Sujets distingués.
rivers.
Divers.
AUTEra
CoUignon '.
A.BerLilton'.
Manouvrier '
Id. *.
E.Touloufe\
Divers '.
il = 5l
lb7.
Ces mesures sur le vivant n'ont pas une valeur absolue pour une seule personne, car l'épaisseur
1. CoLLiGNON, Etudes des principales races de France, Bufleiin de la Sociélé d'anthropologie, 1883.
2. A. Bertillox, Notice sur le fonctionnement du service d'identification de la préfecture de police, p. 857.
3. 3lAN0L'vniER, Etude sur le cerveau d'Eugène Véron, Bull, de la Société d'anthropologie y 1892, p. 247.
4. Cette dernière statistique a porté sur des hommes dis tingués dans les sciences et les lettres, parmi lesquels plusieurs peuvent être considérés comme supérieurs.