‹ Émile ZolaChapitre 36 sur 68 · PII · texte numérisé non relu

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pw-^Wi^FtU,

Empreintes dea doigts de U. Zola.

suis adressé à M. Francis Gallon, membre delà Société Royale de Londres, le créaleur de ce procédé d'investigation anthropométrique, pour lequel je renvoie à ses ouvrages '. Les empreintes des pouces de M. Zola ont, d'après M. Galton luimême, la formule suivante : RU, ual ; wl. II. ■ Il Dans ma colleclion d'euviron 3000 cas (de délenus), m'a écrit M. Gatton, il n'y a pas d'exemples de wl, 11. Il y a 3 exemples de RU, ual, qui sont : un commis d'agent de change, un maître d'école et une femme dont l'occupation n'a pas été notée. » Il ujoule qu'il n'a pu jusqu'à présent trouver aucune relation entre les empreintes des doigts et les caractères moraux ou autres des sujets.

En résumé, l'étude anthropologique de M. Zola révèle une constitution anatomiquc robuste et exemple de défectuosités notables. Les particularités qu'on a relevées ne défiassent pas les limites de la variation normale. Et l'on n'est pas autorisé à y voir des stigmates de dégénérescence.

2. Appareil ciBcrr.ATOiRE. — Les organes circulatoires de M. Zola ne paraissent pas lésés. C'et^t l'opinion des médecins qui ont eu l'occasion de l'examiner il y a quelque temps. C'est aussi en qu'il m'a paru ressortir de mon propre examen.

niers doigls. sont peu visibles. La peau de ces extrémités digilaies est très ridée ehezU, Zola, et les pupilles sont presque elTacées. Ces rides cersient-elles plus marquées sur ces doigis parce qu'ils travaillent moinsi La vieillesse Trapperait donc tout d'abord les doigts et la main le moins exercés.

l. Galton, Finger /.rinU, l iitclories, Macmillan, Londres, IE9j. — Id. Finger pHnls, Londres, 1892. — Id, Identification of l.abiliial criminaU,... etc., 189*, p. 80.

EXAJIEX PHYSIQUE

Alapalpalion on sent malaisémenl, à cause de l'embonjtoiiit du sujel, l'impulsioti du cœur ; el poui' la même raison il est difricile de sentir battre la poiiile. Aussi il m'a été d'autre pirt impossible de prendre le tracé cardiographîque. La percussion n'indique pas un cœur hypertrophié. A l'auscultation les bruits s'eutendent très nettement. Ils sont bien frappés, à iiilervallcs réguliers, et il n'existe aucun bruit de souffle perceptible.

Les artères ne paraissent pas atbéromateuses. Le pouls est plutôt lent (5a en moyenne), ainsi qu'il résuite de mes observations réitérées. Le soir, après une journée de travail, il est quelquefois moins rapide. Il m'est souvent arrivé de constater, après une longue séance d'exannen faîle avant le dîner et alors qu'un certain énervemeiit se manifestait, un nombre de pulsations égal ou même inférieur à 53 par minute. Ce pouls lent du soir pourrait être un signe d'insufiisance liépalique et rénale.

Tracé sphygmographique (réduitde l/S'en^'fOQ)-

provoquéc par l'éliminalion incomplète des produits toxiques élaborés pendant une journée de travail intellectuel. Le fait n'est d'ailleurs pas constant, mais il méritait d'être s'

La forme de la pulsation a élé prise à Faide du sphygmographe direct de Marey, à 3 heures de rapros-midi, au repos. On voit que la ligne d'ascension est droite, qu'il n'y a pas de plateau et que la descente est figurée par une ligne ondulée. On peut conclnre qu'il n'existe pas d'alhérome ; ce léger polycrolisme indiquerait au contraire une grande élasticité artérielle, c'est-à-dire encore Tabsence de toute altération athéromateuse des artères.

J'ai trouvé à plusieurs reprises la pression artérielle forte. Enregistrée à. différents moments avec le sphygmomètre de Bloch, elle marquait un chiffre élevé, dans les environs de 950 gr.

J'ai déjà indiqué que M. Zola accusait des sensalions diverses du côté du cœur. C'est ainsi qu'il dit l'entendre battre dans certaines parties de son corps, notamment dans le bras, dans la cuisse. Il rapporle donc des sensations artérielles à ses battements cardiaques qui ne sont ni violents ni irréguliers. Ce qui a plus inquiété M. Zola, ce sont des douleurs danslarégion thoraciquegauche, avec sensation contrictive et irradialionsdanslebrasgauche. Ce syndi ôme angineux alternait avec des crises de fausse cystite ; actuellement il se montre moins fréquemment. L'opinion de M. Huchard, qui fut consulté, est qu'il s'agissait là de fausse angine de poitrine, favorable pronostic heurcLUsement confirmé par la suile. M. Zola n'est pas sujet à des palpilations de cœur.

Enfin il faut relever, pour terminer l'examen de la circulation de M. Zola, la pi^ésence constante du

interprétés un jour.

3, Appareil eespiratoire. — M. Zola s'enrhumait très rarement jusqu'à l'âge de 43 ans. Dans ces dernières années, il est devenu plus sujet aux inÛanimations légères des voies respiratoires. Il n'y a pas trace chez lui d'emphysème ni d'aucune allération pulmonaire. La respiration est d'habitude calme, régulière, d'une fréquence normale, d'environ 18 à la minute.

Le tracé pneumographîqae (V. plus haut) pris à 3 heures de l'après-midi après un repos assez long montre une respiration régulière, plutôt superfî-

RespiratioD de U. Zola (réduit iluk 3/5").

cielle. La ligne ascendante est celle de l'inspiration ; elle est plus courte et plus droite que la ligne descendante figurant l'expiration, ce qui est normal.

M. Zola a parfois des crises douloureuses de eonstriction thoracique. Ces phénomènes doivent être rapprochés des accidents pseudo-angineux.

4. Appareil digestif et annexes. — Les dents sont mauvaises depuis l'âge de 12 ans environ. Pendant longtemps elles n'ont pas été soignées. Quand elles se gâtaient e l devenaient douloureuses, M. Zola les faisait arracher. C'est ainsi qu'il en a perdu huit. « M> Zola, m'a écrit le D' Gaîippe qui

EXAMEN PHYSIQtB 147

soigue acluellement sa bouche, ne présente point de ces anomalies si fréquentes chez les dégénérés supérieurs. Seule la coaptution des arcades dentaires n'est pas tout à fait normale. De plus, ainsi que je vous l'ai dil, depuis quelques années, M. Zola a un peu haissé au point de vue physique. Sesdentssonldevenues moins résistantes, el il fait de la carie dentaire à uu âge où généralement on en fait peu ou point. »

Les fonctions digestives ont élé longtemps troublées, mais elles sont devenues meilleures depuis que M. Zola s'est mis à son régime spécial. Et aujourd'hui la digestion se fait bien ; l'appétit est suffisant. Les selles étaient paresseuses avant que M. Zola engraissât; elles ont été de plu» en plus aisées à mesure que l'embonpoint s'est développé, et, depuis que M. Zola a maigri, elles sont redevenues ce qu'elles étaient primitivement.

Voici quel est son régime alimentaire. Le matin " eures, un croûton de païit sec sans boire. A , déjeuner léger, sans liquide ni féculent; quoi, sortie pour ne pas dormir. AS h., quelg&teaux avec du ihé. A 7 h, 1/2, diner très . A 10 h. du soir, 2 lasses de Ihé. Comme le : pas de vin, quelquefois un peu de chame ou encore du vin blanc dans les courses â letle, et beaucoup de thé, jusqu'à 1 litre par C'est ainsi que M. Zola se maintient dans un l'embonpoint modéré. Dès qu'il se laisse aller nger davantage, par exemple & la campagne d il fait de l'exercice physique — ce qui excite

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son appétit — il grossit rapîileinenl. Ce ii'csl pas un des exemples les moins curieux de la ténacité de M. Zola,qui apporte dans sa lui le contre l'obésité le même effoit patient et soutenu que dans sontrayail décrivain.

, M. Zola a contracté, dès l'âge de 25 ans, l'habitude d'uriuer très souvent, surtout quand il Iravaille. Il était même obligé jadis d'avoir dans son cabinet un vase pour cet usage. Puis, faisant un effort de volonté, il avait réussi t se guérir de ce véritable tic névropatliique, développé en dehors de toute lésion organique visible. Actuellement bo pollakiurie est encore considérable (15 h 20 fois par jour).

Voici l'examen, fait par M. Serveaux, des urines de 24 heures recueillies du 2 au 3 mai 1896. Dans cette journée, aucun travail intellectuel le matin ni le soir, et dans l'après-midi 2 heures de hicycletlc.

Urine jaune ambré, mous'ant assez facilement, limpide après le repos et laissant déposer une petite quanlilé de mucus.

Matières colorantes normales.

Matières chromogénes un peu augmentées.

Odeur normale.

Réaction franchement acide.

Quantité d'urine pour les 24 heures : 1.300

Densité: I.OIUS.

Urée 15,70.

Acide urique 0,452.

Acide phospliorique des phosphates 2,04.

Clilorores 12,12.

Rapport de l'acide urique à l'urée f /34.

Rapport de l'acide phosphorique à l'urée 1/T~

Sucre : néant.

Albumine: traces impondérables.

EXAUE» PHYSlOlj'E 149

En somme, urine de composition normale, sauf une augmentation de l'acide urique et une diminution de l'urée.

M. Albert Robin, qui a soigné M. Zola pour des crises de polyurie simulant la cystite, a eu roccasion d'examiner ses urines. Il y a Irouvé, ce qu'il rencontre chez beaucoup de gens de lettres et d'arlisles qui se surmènent plus ou moins du cerveau, des signes d'une nutrition défectueuse consistant surtout en une déminéralisation phosphatique, phospho-calciqueelphospho-magnésienne. Mais pour la déceler, il est nécessaire, d'après lui, de rechercher tout l'azote .désintégré et pas seulement celui de l'urée. On voit alors que ces personnes sont souvent des phosphaluriques-terreux. J'ai désiré avoir une coufirmalion de ces idées et me suis adressé pour cela à M. Monfet, ancien chef des travaux cliniques du D' Âlb. Robin, qui avait déjà fait plusieurs analyses dans le sens indiqué plus haut. . "Voici le résultat de son examen portant sur les urines du 22 au 23 mat.

CARACTÈRES Gl£^ËBAl'X

Volume en 24 heures 1.200 c. c.

Aspect clair.

Couleur Jaune citriii.

Odeur normale.

Consistance fluide.

Dépôt peu abondant.

Réaction acide.

Densité 1.017.

DOSAGE DES ÉLÉMENTS NOHMAU.t Pal" 24 ftflUreS

- Total deséléments dissous 4«,80

Eléments organiques 30. 3S

■ Eléments miuéraux 16-SS>

Urée 22.62

Poids de l'azote urée 10.558

Poids de Tazote total 12.045

Acide urique 0.42

Acide phosphorique total 1.58

— uni aux alcalis. *..•..• 1.08

— uni aux terres 0. 50

Chlore total 5 . T6

Chlore en chlorure de sodium 9 . 60

Chaux 319

Magnésie . 237

ÉLÉMENTS NOJIHAUX

Albumine. • . • • très légères traces.

Sucre néant.

Pigments biliaires néant.

Indican nul.

Urobiline nulle .

Urœrythrine nulle .

Urohématine. nulle.

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