‹ Émile ZolaChapitre 57 sur 68 · Vol. Beaucoup d'oiseaux volant (Ira. V · texte numérisé non relu

Vol. Beaucoup d'oiseaux volant (Ira. V

ÉUtLE ZOLA. , 20

ENQCÊTE MÉDICO-PSYCHOLOGIQUE

Clairon,

L'instrument de musique (Im. v. )•

Sud.

Derrière lui (Id.).

Verveine.

Fleurs de son jardin (Im. v.).

Femme,

Adoration, culte féminin (Id.).

CoU,

La femme (Id.).

Canapé.

Coït (Im. V.).

Vase.

Une jardinière sur une table (Im. v.).

Dieu. .

.... Infini [Id.].

Mai,

Mois de mai(Id.).

Os.

Un tibia (Ira. v.).

Génie.

Chose supérieure (Id.).

TeufeL

Juron (Id.).

Celte expérience est 1res intéressante à interpréter. Une première question est celle-ci : Y a-t-il une différence, chez M. Zola, dans la facililé et la qualité des associations, selon qu'elles sont provoquées par la vision ou Taudition du mol? On voit, en examinant les résultais, que la proportion des

hésitations ( ) est à peu près la mênae pour les

mots vus ou entendus. La facilité des associations était donc égale dans les deux cas. Toutefois il est à remarquer que les mots vus ont donné 57,3 0/0 d'images et 25,3 0/0 d'idées, tandis que les mots entendus ont donné moins d'images (48,7 (i/o) et plus d'idées (33,7 0/0). Il semblerait que les mots écrits éveillent des souvenirs plus vifs, plus imagés. Le fait est remarquable pour les noms de couleurs ; ceux écrits ont évoqué des images plus souvent que ceux prononcés. Cependant il est à noter que M. Zola avait de la tendance à lire à haute voix les mots que je lui présentais, probablement pour renforcer l'image visuelle par l'image auditive.

<MMi^M»- ■ Il ■ ■ Il I ll.l ■

Les 155 mois employés dans celte expérience ont éveillé 91 images, 43 idées, 15 mots, 5 émotions et une fois (chiffre 5) n'ont provoqué aucune représenlalion. On peut considérer beaucoup d'idées comme de simples mots, dont elles sont difficilement différenciables et qu'elles représentent le plus souvent dans l'esprit. Les mots évoqués n'étaient nettement constitués par aucune image verbale exclusive, auditive oa visuelle ; selon les mots, telle ou telle image prédominait *. Le nombre total d'images provoquées est donc considérable. Il est curieux de noter la dififérence de ce lest avec ceux portant sur la mémoire. Dans ces derniers, M. Zola avait peu d'images. Son effort volontaire de retenir n'utilisait que le mot ; il semblait qu'il n'avait pas le temps d'aller jusqu'à l'image. Tandis que dans Texpérience précédente, la faculté de penser par images, n'étant gênée par aucune préoccupation, se manifeste nettement.

Parmi les images évoquées, ce sont les images visuelles qui prédominent de beaucoup (87 sur 84). A ce point de vue, M. Zola est netlement un visuel ; les images, même olfactives, sont exceptionnelles (2 : goudron ^i puanteur) malgré qu'un certain nombre de mots (noms de fleurs, foin^ pois» S07Z, îtrine, égout^ etc..) pouvaient les évoquer. Quelques mots ont provoqué des idées ou des images accompagnées d'un sentiment agréable ou désagréable et que j'ai classées sous la rubrique émotions. Ce sont les mots tonnerre (peur), chaleur

1. Consulter Ribot, Enquête sur les idées générales, Revue philosophique^ 1891,X}kXlI, p. 376.

(sensation désagréable), dimanche (idée pénible d'ennui), ijifini (peur vague).

Les ISS mots se décomposent ainsi : 95 mots concrets et 60 mots abstraits. Les premiers ont éveillé 74 images (77,8 0/0), 17 idées, 3 mots et i émotion. Les seconds ont éveillé 17 images (28,3 0/0) 26 idées, 12 mots, 4 émotions et une fois aucune représentation n'est survenue. La proportion des images est donc bien plus considérable avec les mots concrets ; c'est l'inverse pour les mots et les idées. On ne peut dire que M. Zola appartienne au type concret décrit par M. Ribot. Les mots abstraits n'évoquent pas toujours chez lui ridée seule du mot, mais bien souvent des idées particulières, si peu précises toutefois qu'elles ne sont guère que des mots. Les mots de couleur ont tous, sauf le jaune, éveillé d'emblée la représentation de la couleur ; encore le moi jaune a-t-il évoqué, consécutivement à Tidée de couleur, l'image d'un soleil (fleur). Les mots auditifs ont provoqué des sensations visuelles et des idées, et seulement une image auditive {cor de chasse) ; les 16 mots olfactifs, 10 images visuelles et 2 idées, 1 mot, 1 image gustative {poisson) qï 2 images olfactives indiquées plus haut ; les mots génitaux et orduriers, 15 images visuelles et 4 idées. Parmi les mots abstraits, ceux qui ont éveillé des images, ce sont, par exemple: avnV (printemps), z<^ro (gros zéro), mariage (mariage à la sacristie), tristesse (homme accoudé). Les mois étrangers ou artificiels ont éveillé des mots et des idées et pas d'images.

Les hésitations se sont montrées surtout avec

les mots abslraits (14 fois sur 60), puis avec les mots étrangers (4 fois sur 7) et moins avec les mois concrets (6 fois sur 95). Les associations se faisaient avec facilité ; le travail était agréable, et, bien qu'il ait duré assez longtemps, il n'avait pas amené de fatigue apparente. Les images et idées évoquées trahissent les préoccupations actuelles ou professionnelles de M. Zola. Le piano qui est devant lui, le chien qui est à ses pieds, les flacons rangés sur la table, la Seine que Ton voit de la fenêtre fournissent des idées ou des images. La venue du Tzar en France est un événement dont il associe Tidée à plusieurs mots. De même ses travaux (Thérèse Raquin, l'opéra de Messidor^ un projet de conte, son collaborateur Bruneau) sont présents à son esprit, mais ne sont pas obsédants. Les idées professionnelles de M. Zola ne paraissent pas prépondérantes dans ses associations. On reconnaît là l'écrivain méthodique qui ne pense guère à son travail qu'aux heures choisies pour cela. Les mots de combat^ lutte, polémique représentent aux yeux de M. Zola sa propre existence ; et l'on retrouve dans ces associations ses tendances combatives. Son goût pour la force, si remarqué dans ses écrits, se trahit aussi dans cette expérience. Le mot poitrine évoque l'image d'une « poitrine large et belle d'homme » ; celui de muscle, rimage d'un « beau muscle saillant du bras » ; celui de taille, l'image d'un « homme de très haute taille ». On reconnaît encore son goût pour les vues d'ensemble: le mot cancrelat éveille en lui le tableau d'une « file de cancrelats dans un

coin humide ». Son goût pour le mouvement est tout aussi bien manifesté : le mot course évoque des « chevaux courant » ; le mot lièvre^ un « lièvre délalant » ; le mot mouche^ des « mouches qui tourbillonnent » ; le mot roiite^ une « roule parcourue à bicyclette » ; le to/, « beaucoup d'oiseaux volant ». Enfin on a vu plus haut que les noms de couleur évoquaient presque tous Timage de la couleur correspondante. La grande sympathie de M. Zola pour les choses naturelles se dévoile nettement dans ce lest: le mot virilité évoque une verge d'homme qui est en effet son symbole naturel le plus concret. Ainsi quelques mots jetés dans le cerveau d'un homme retnuent tout un monde d'idées, qui sont la personnification même de son esprit.

On peut noter, à un autre point de vue, que les idées ou images évoquées obéissent, chez M. Zola, d'une manière sensiblement égale à la loi d'association par contiguïté et à la loi d'association par ressemblance. Mais dans les associations par contiguïté, celles dans l'espace sont beaucoup plus nombreuses que celles dans le temps. Ce dernier fait serait en rapport avec cet autre que M. Zola pense visuellement. Parmi les associations d'idées, il en est d'habituelles, par exemple celles qui constituent • ce qu'on a appelé la projection externe des images mentales ^ Quand nous pensons à un objet, le plus souvent nous le localisons dans l'espace par rapport à nous ou par rapport à lui. Ainsi la Madeleine peut nous paraître près de

1. E. MiLHACD, Revue philosophique, 1894, t. XXXVIII, p. 210.

nous, près du lieu où nous sommes; ou au contraire il peut nous sembler que nous son^mes devant elle, et que celle-ci est à sa place, loin de l'endroit où nous sommes. Voici quelques localisations de M. Zola étant à Médan.

Test sur rextériorisation des images mentales. — Indiquer comment se présente à l'esprit Cimage des monuments et des lieux suivants :

La Madeleine (où elle est).

Le Panthéon (où il est,

au loin).

La Seine (où elle est).

Médan (autour de lui).

La Tour Eiffel (où elle est^

au loin).

Rome (où elle est).

M. Zola a donc de la tendance à localiser mentalement par rapport à l'objet. Il se représente la silualion du Pôle Nord au haut de la carie, de même pour les pays septentrionaux. Pour les pays méridionaux il se représente topographiquement et visuellement ceux qu'il connaît. Un voyage dans le Nord lui apparaît comme une montée, un voyage dans le Midi comme une descente ; il lui semble par exemple que le train en allant de Paris à Marseille descend tout le temps.

II. Nature des idées. — Les idées de M. Zola sont plus ou moins connues. J'en citerai seulement quelques-unes. Ses connaissances sont très étendues, sinon très profondes. Elles embrassent, avec la littérature, ce qu'on pourrait appeler la sociologie pratique et une foule de sciences appliquées, de technologie^ dont l'étude a été provoquée par la diversité de ses romans. M. Zola serait assez porté vers les sciences naturelles et médicales, pas du tout vers les mathématiques. Il ne connaît bien

brée, de moindre initiative que l'homme. Au total elle est plutôt inférieure à ce dernier. Et cependant, dans le petit commerce, chez les ouvriers, elle serait supérieure à son mari...

(Idées métaphysiques.) — L'inconnu ne (rouble pas M. Zola parce qu'il a la conscience qu'il ne pourra jamais le pénétrer. A ce point de vue il est posiliviste, et ce qui lui échappe, il ne s'en occupe pas. 11 serait cependant assez porté à croire à l'anéantissement complet après la mort. Dieu lui paraît une hypothèse naïve, et toutes les affirmations des dogmes ^religieux lui semblent être sans consistance, en dehors de la raison et du bon sens.

(Idées morales.) — 11 aurait de la tendance h baser la morale surTobservalion des lois purement naturelles. A ce point de vue il a une conception païenne de la vie. Ce qui est sain ne le blesse pas ; au contraire, ce qui est en dehors de la nature est pour lui incompréhensible et le choque. Il considère [la virginité prolongée comme une vilenie; aussi la conception de la Vierge Marie Ta toujours offusqué comme une idée anti-naturelle. De même il ne comprend pas Tamour incomplet, la continuilé de Tespèce devant être à son avis le but du baiser.

(Idées d'ordre et de méthode.) — Elles sont très développées chez M. Zola, qui est devenu h la longue leur prisonnier. Il les a toujours eues; mais peu à peu^elles se sont étendues à tout, depuis les soins de toilette jusqu'à la composition de ses œuvres. Chaque chose a sa place autour de M. Zola, sur son bureau, dans son appartement ; et le désordre lui est très pénible. J'ai cru longtemps qu'il ne travaillait pas à Paris dans le cabinet où il me recevait, tant sa table élait nette et bien ordonnée ; sur elle aucun papier ne traînait jamais. L'encrier, le porte-plume, le sablier, une foule de petits objets étaient rangés dans un ordre immuable. Quand il écrit, M. Zola classe toutes ses notes dans des chemises, qui forment des paquets distincts, destinés chacun à des tiroirs spéciaux. A la fin de la séance, le sous-main, couvert de notes, est dépouillé, les fiches qui sont dressées vont dans leur couverture et sont classées méthodiquement avec une grande patience. Obéissant

plus ou moins consciemment à cet esprit d'ordre, M. Zola garde les nombreuses lettres qu'il reçoit et dont la plupart ne peuvent lui être d'aucune utililé ; mais il ne saurait rien détruire.

Ce n'est pas que dans les choses matérielles que M. Zola est méthodique, c'est aussi dans la conception et l'élaboration de ses romans, ainsi qu'on le verra plus loin. L'ordre qu'il déploie dans le travail lui est en partie imposé par sa mauvaise mémoire ; mais il devient pour lui un merveilleux moyen de travail, où le rendement atteint presque le 100 0/0 de l'effort, le temps perdu étant à peu près nul. Cette tendance d'esprit a quelque chose de morbide, puisqu'elle provoque une certaine souffrance dans le cas de désordre.

III. Idées morbides. — Mais M. Zola a des idées encore plus nettement morbides. Je les décris ici, et non avec l'émotivité, parce qu'elles ne s'accompagnent pas toutes ni toujours de ce phénomène qu'on considère cependant avec raison comme la base des obsessions. Ces dernières sont venues vers l'âge de 30 ans et se sont peu à peu développées. Un de leurs caractères, c'est qu'elles ne provoquent pas d'angoisse caractérisée, en cas de non-satisfaction. M. Zola peut ne pas s'y abandonner et il n'en souffre pas beaucoup. Ordinairement il se laisse aller à ses manies^ comme il les appelle ; et il est alors satisfait.

Une de ces idées morbides est l'idée du doute. Ainsi il est dans la perpétuelle crainte de ne pouvoir faire sa tâche journalière, d'être incapable de terminer un livre, de ne pas achever un discours

s'il prend la parole en public, etc. Il ne relit jamais ses rqmans, car il craint d'y faire de mauvaises découvertes. Il n'a aucune confiance en lui à ce point de vue et dans beaucoup d'autres cas, dans les plus importantes comme dans les plus petites affaires de la vie. -^

L'arithmomanie ou le besoin de compter est l aussi une de ses idées morbides. M. Zola dit que ce besoin est chez lui une manifestation de ses instincts d'ordre. D«tns tous les cas ces idées sont très proches. Il compte donc, dans la rue; les becs de gaz, les numéros des portes et surtout les numéros des Qacres dont il additionne tous les chiffres comme des unités. Chez lui, il compte les mar^ ches de l'escalier, les objets placés sur son bureau. Il faut encore qu'il touche, un certain nombre de ! fois avant de se coucher, les mêmes meubles ou

qu'il ouvre les mêmes tiroirs. Il est aussi poussé à toucher certains objets ou à fermer une porte plusieurs fois de file. En outre, sur ce besoin de compter se sont greffées d'autres idées morbides, et notamment des superstitions. C'est ainsi que certains chiffres ont pour M. Zola une influeuce mauvaise. j Si le numéro d'un fiacre, additionné comme il est

\ dit plus haut, forme ce chiffre, il ne le prend pas,

i ou, s'il y est obligé, il craint qu'il ne lui a/rive quel-

j que malheur, par exemple de ne pas réussir dans

l'affaire qu'il poursuit. Cette idée superstitieuse peut survenir à propos de n'importe laquelle de ses impulsions arithmomaniaques. Pendant longtemps les muhiples de 3 lui ont paru bons; aujourd'hui ce sont les multiples de 7 qui le rassurent. Ainsi,

ues uiiuuis : par cxuuipm, luucimt- lus uecs ue gaa qu'il rencontre dans la rue, franchir un obstacle du pied droit, marcher d'un« certaine façon sur tes pavés, elc... Pendant longtemps, il craignait de ne pas réussir dans la démarche qu'il allait tenter s'il ne sortait pas de chez lui du pied gaucho.

Toutes ces idées morbides, dont M. Zola apprécie le côté absurde, sont, je le répète, accompagnées de phénomènes émotifs légers. M. Zola peut se dispenser de suivre son impulsion sans grandes luttes ni soulFrances. 11 est môme curieuic de remarquer combien elles troublent peu son équilibre mental. On peut dire qu'elles sont à fleur de peau ; ce sont des habitudes vicieuses, mais qui n'atteignent pas profondément le fonctionnement psychique.

y. Imagination. — Les lests sur l'association des idées ont montré ce qu'est l'imaginalion involontaire de M. Zola. Les images évoquées spontanément par les mots sont nombreuses. Elles paraissent plus intéressantes encore lorsque, en citant un mot, on laisse les associations se faire et amener

une image. Ainsi le mot couteau inspire d'abord à M. Zola un sentiment de répulsion et d'horreur contre la violence que cette arme lui représente, puis il s'inquièle du couteau, comme d'une bête sournoise qui peut mordre.

L'imagination volontaire peut être étudiée dans les romans de M. Zola, et je rie m'y arrêterai pas. Je ferai seulement remarquer qu'elle paraît s'exercer d'une façon raisonnée, logique, plutôt que brusquement, avec spontanéité. Son imagination créatrice est, comme on le verra plus loin, une sorte de déduction, où les personnages et les épi^ sodés sont les conséquences d'idées générales*

L'évocation des sensations, qui est un phénomène de mémoire, est très liée à l'imagination qur s'en sert. Il m'a semblé que M.. Zola évoquait avec plus d'intensité les odeurs que les faits de vision et surtout que les couleurs. Il n'a pu s imaginer une croix rouge ou bleue, tandis qu'il me disait sentir à volonté les odeurs anciennement éprouvées. Il est à, noter aussi qnil ne paraît pas évoquer avec une grande facilité les descriptions des autres auteurs.

Pour me rendre compte de la faculté dimagi-?

nation immédiate, j'ai fait des pâtés d'encre sur du papier et j'ai demandé à M. Zola de me dire les idées et les images que ces taches éveillaie.nt eijlui. Il est malheureux que ces tests ne puissent être reproduits, car ils présentent un réel intérêt ; lés images évoquées étaient en effet nombreuses et originales. Enfin, pour éprouver l'imagination verbale immédiate, j'ai expérimenté les lests sui vaiils (A, Binet et V. Henri) :

Tests sur rimagination verbale immédiate.

V Construire immédiatement une phrase avec les substantifs encrier, arbre, cheval. M. Zola écrit : « Le cheval a eu peur de Tarbre. Cel arbre,.. »

2"" Même exercice avec les verbes acheter, battre, LIRE. M. Zola écrit : « J ai élé battu pour avoir lu le livre que vous avez acheté. »

3^ Même exercice avec les substantifs travail, NOMBRE, ESPÈCE. M. Zola ne trouve rien une première fois : dans une autœ séance, les mêmes mots lui suggèrent la phrase suivante: «Quel infini travail dans l'espace que révolution continue des étoiles sans nombre l ».

. 4* Même exercice avec les substantifs pierre, fer, FEU. M. Zola écrit : « J'ai vu souvent sous le choc du fer desélincelles de feu jaillir des pierres. » 4 5*" Même exercice avec les substantifs femme, 601E, LINGE. M. Zola écrit : a Je ne demande pas à la femme d'élrc vêtue de soie, mais j'aime qu'elle ait du beau linge propre, délicat et frais. »

On voit dans ces tests que certains mois, les premiers, n'intéressent pas M. Zola, qui ne peut finir la phrase ou qui en fait une très simple. Les mots abstraits le laissent même impuissant une fois. Dès qu'au contraire je lui propose des mots qui lui plaisent, qui excitent son intérêt de liltérateur ou d'homme, il fait aussitôt des phrases plus belles.

10. Jugement-suggestibilité. — La carrière de M. Zola prouve, par les succès qu'il a rencontrés, qu'il a un jugement sûr, tout au moins en ce qui touche aux choses delà vie. Quand on l'approche.

.x>n se rend compte qu'il est très pondéré et raisonnable. Il est surtout peu suggeslible. Au cours de mes nombreuses expériences, je lui ai plusieurs fois tendu des pièges, mais il ne s'y est pas laissé prendre. Je citerai deux faits :

Tests sur la saggestibilité.

1** Regarder xme ligne et la reconnaître dans une ,échelle. Or, la ligne présentée a m. 040 de longueur et la plus grande de Téchelle n'a seulement que m. 03 4. Cette question est posée après d'autres portant sur la reconnaissance des lignes (V. p. 199) pour que le sujet soit entraîné à commettre une erreur, M. Zola, qui ne s'attend à rien, déclare que la ligne n'est pas dans Téchelle.

2° Reconnaître V odeur de ^flacons. — Tous les S contiennent de la ouate hydrophile, qui n'est parfumée légèrement (à Tacide phénique) que dans un seul. Les 2 autres sont inodores. M» Zola ne s'y trompe pas. J'ai refait la même expérience dans d'autres circonstances et en variant les détails; j'ai obtenu les mêmes résultats.

Tests sur le jugement littéraire, — Etitendre lire une page d'un écrivain et le 7'€efm7taitre.,Ge test est faitpouréprouverlejugement lillérairedeM.ZoIa.

1° Fragment de Ourson tête de fer de Gustave Aymard(V. p. 21,1). M. Zola Taltribue à Chateaubriand .

2*» Fragment de la Cousine Bette de Balzac {V. p. 213). Non reconnu.

3° Fragment des Provinciales de Pascal (illettré):

Je le suppliai de me dire ce que c'était qu'avoir le pouvoir prochain de faire quelque chose. Cela est aisé, me dit-il, .c'est avoir tout ce qui est nécessaire pour la faire, de telle sorte qu'il ne manque rien pour agir. Et ainsi, lui dis-je, avoir le pouvoir prochain de passer une rivière, c'est avoir un bateau, des bateliers, des rames, et le reste, en sorte que rien ne manque. Fort bien, me dit-il. Et avoir le pouvoir prochain de voir, lui dis-je, c'est avoir bonne vue et être en plein jour. Car qui aurait bonne vue dans Tobscurité n'aurait pas le pouvoir prochain de voir, selon vous ; puisque la lumière lui manquerait, sans quoi on ne voit point. Doctemenl, me dit-il. Et par conséquent, continuaije, quand vous dites que tous les justes ont toujours le pouvoir prochain d'observer les commandements, vous entendez qu'ils ont toujours toute la grâce nécessaire pour les accomplir; en sorte qu'il ne leur manque rien de la part de Dieu. Attendez, me dit-il, ils ont toujours tout ce qui est nécessaire pour les observer, ou du moins pour prier Dieu. J'entends bien, lui dis-je : ils ont tout ce qui est nécessaire pour prier Dieu de les assister, sans qu'il soit nécessaire qu'ils aient aucune nouvelle grâce de Dieu pour prier. Vous Tentendez, me dit-il. Mais il n'est donc pas nécessaire qu'ils aient une grâce efficace pour prier Dieu ? Non, me dit'il, suivant M. Le Moyne.

Attribué à un auteur du XVIIP siècle. Voltaire ou Diderot, Marivaux ou Rétif de la Bretonne ?

i° Fragment de V Avare de Molière (acte 1.

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