‹ Emile Zola, sa vie-son œuvreChapitre 1 sur 23 · JUSTIFICATION DU TIRAGE · texte numérisé non relu

JUSTIFICATION DU TIRAGE

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Entre Emile Zola et Tauteur de cette étude, durant de longues années, existèrent des liens d'amitié. Les circonstances firent de Tun et de l'autre, non des ennemie, mais des antagonistes. Ils combattirent, chacun pour ce qu'il estimait juste, en des camps opposés. Dans la bataille littéraire, ilsdemeu- ^rèrent d'accord.

Les Lettres sont à côté dos besognes politiques, et l'Art est au-dessus de l'esprit de parti. On peut, on doit rendre hommage à un grand écrivain, même lorsque, à un moment de sa vie, contre vous, contre vos convictions, il tourna sa plume.

Les partisans de l'empire, Napoléon III étant encore sur le trône, s'inclinaient devant le génie de Victor Hugo. Ils n'acceptaient assurément pas tout de son œuvre, et tout dans sa vie ne leur plaisait pas. Ils négligeaient Napoléon le Petit pour relire les Feuilles (T Automne ^Qi leur légitime admirât" pour la Légende des Siècles ne leur imposait paî "^probation pour les violences des Châtiments en^ o le souverain qu'ils aimaient et le régime qu' -léfendaient.

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Sous le prétexte qu'il fut aussi l'auteur du pamphlet J'accuse^ il est absurde, et plus d'un, par la suite, en rougira, de nier la maîtrise de Thistorien des Rougon-Macquart.

\\ est, sans doute, regrettable que les enthousiasmes officiels et les acclamations populaires, cellesci ignorantes, ceux-là factices, se soient surtout adressés au défenseur inattendu d'un accusé exceptionnel. C'est le peintre, au coloris vigoureux, des êtres et des choses de notre société, l'annaliste de nos mœurs et le clinicien de nos passions, de nos (nres, qui avait seul droit à la gloire. Zola méritait de partager, avec Victor Hugo et d'autres illustres défunts, le lit funèbre imposant du Panthéon, mais il est fâcheux qu'il y ait été porté par des mains vibrantes encore de la fièvre d'une guerre civile, au milieu d'un concours de gens qui n'avaient pas lu ses livres. C'est l'homme de parti qu'on a voulu honorer, c'est à l'homme de lettres seul que devait être décernée l'apothéose nationale.

La postérité ne voudra saluer dans Emile Zola qu'un philosophe et un moraliste, un lyrique merveilleux aussi, le poète en prose de la vie moderne. Ce livre a pour but de devancer son jugement.

En faisant mieux connaître l'homme, en d-^-^a- £^eant l'Œuvre de préoccupations étrangères la littérature, l'auteur estime répondre à un désir les libres esprits, affranchis de la pire des servitu îs,

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îelle du préjugé et du parti pris. Le retentissement lu nom d^Emile Zola et l'attention mondiale dont r a été, dont il est encore l'objet, motivent la préîentation d'un travail, impartial et documenté, lermettant d'apprécier, avec plus de certitude, le frand romancier, le robuste artiste aussi, qui, avec Victor Hugo et Balzac, domine le xix® siècle.

Paris. Octobre 1908.

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