‹ Émilie ou La bonne soeur histoire moraleChapitre 26 sur 26 · ÉM114E · texte numérisé non relu

ÉM114E

•D’un*, bras, elle: la tenait embrassée

■ par de'.milieu çlù corps, et dè d’autre,

• elle cherchait à: lui empêcher de faire apçun mouvement "des mains, dl est* •

\ impossible de. décrire les pénibles sen- . sàtions qu’elle éprouvait dans ce mo-

• ; bient. L’espoir, la crainte, la tendresse vrejHa pitié. se peignaient- alternative-'

ment dans ses yeux,. ïjui, tantôt s’éle-* vaiènt vers le ciel, tantôt se fixaient , . sur sa sœur, 'et ,dè' temps en temps,

. . ^cherchaient à- démêler, . daris les ye- . ; gârds de . -l’oéuliste; le Succès de* l’opération» M. Wyndham, auprès d’Hé- * ,->-lèaçp reportait, 4 prendre courage, quoiqu’il sentît lui-même ad. fond.de

* spd Cœur une angoisse mortelle, toutes les fois *ïju # il voyait l’instrument Approcher* des yeux d’Hébène. -Celle-ci^

1 cependant, endurait tout avec patience

'ÈMIL1E.

et résignation, tandis que deux servantes, debout derrière sa chaise, osaient à peine respirer, dans la crainte de la troubler, elle ou le chirurgien. Au bout d’environ dix minutes, elle fit entendre une faible plainte : « Ah!

mon Dieu! qu’est ceci? Est-ce que je vois? » ’ . '

A cette exclamation, M me Wyndham se leva avec précipitation; mais incapable de supporter toutes les sensations qui vinrent en foule assaillir son ame, elle s’évanouit. M. Wyndham fit signe à Emilie de ne pas quitter sa sœur et courut soutenir sa femme, qu’avec le secours d’Arthur il transporta dans sa chambre. Emilie, dont le visage inondé de larmes changeait à chaque instant de couleur, ne put modérer plus longtemps la vivacité de son

1(38 ÉMILIE. -£t -*;* r * : V

inquiétude : « Oh! monsieur, s’écriat-elle, est-ce quelle y voit? — Chut!

dit le chirurgien, et aussitôt Emilie se <.> lut.

Hélène laissait de temps en temps échapper quelques paroles entrecou-, pécs; mais le médecin ayant enfin terminé l’opération, dit aux domestiques de lui couvrir les yeux, et de ne point trop se hâter d’ôter le bandeau, car tout le succès dépendait de la réserve que l’on mettrait à lui accorder l’usage de ses yeux.

• C * • Au 'Jk i

Emilie. L’usage de ses yeux! Elle y voit donc? ^

Le Médecin. Oui, j’en suis sûr. Mais, ma chère demoiselle, vous êtes trop vivement émue. - .

• Une Servante. Mademoiselle Emilie,

ne. pleure? pas comme ça, je .votts én * *

prie. î ' ■ * r \ ‘. '. s' \\

. , Hélène. Ah [ c'est Emilie qui pleuré comme ceM!- Non, ma; chèrfe Emilîe, ne; pleure pas! J’ verrai bièntdl Je. viens/ ‘

, d’avoir une drôle d’idée/ il m’a semblé ' *

que je seûtais quelque ckosë avec, tues yeux..- V“- :

. . . Au même instant, M. Wyndhain fentra‘; Emilie aussitôt sè levant, courut à- * /

. lui, et se jetant dans ses bras- : « Ah! " mon' père, lui dit-elle tout bas A l’o-‘ \ * ' '■ reille, Hélène verra clair; elle"a vu ‘

' Mais, maman?......... — Va vers N elle,

ma chère garnie,' dit, monsieur : Wynr ' dham, eilo-se trouve mieux, mais elle n’est pas encore en état de, révenir;'/'

, calme-loi, et cherche Ma calmer ellemême. ».r / -\ *. •• • *’?.•/

Emilie vola en même temps vers sa • *

. V : ÎÏO v ' v - * È&ILIE. " ■ . Y • *

• V mère -, eite lui raconta ce qui tenait de.

'• ‘Se; passer^ et quelques - minutes après-, ? elles revinrent ' auprès; d’Hé- -v . , lène,f qu’elles trouvèrent Couchée sur . son lit, avec toulesies fenêtres fer - Ûlées. ?* V\ «; * **» ' * *: . - ; . ; .

V • • Lé médecin- ordonna qu’on la Unï

^ quelques" jours dans," l’obscurité , et 'qu’enfile laissât pénétrer fa lumière .

’ que par degrés;' il. combla Emilie d’é- " loges, etVli félicita du courage et de •* .la. sensibilité dont elle avait ..si bien - ' • sü concilier les sentiménts. . « C’est là, •

. dit-il r la véritable sensibilité; je suis accoutumé , à voir dans mes opéra- .

tions, tant d’affectation, tant dfexagéra- * tion- dai\s les sentiments! ' je vois des geps qui soüV incapables de prêter leur „ ^assistance à leurs- plus chers parents;

* • lors même qu’elle est d’une nécessité

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indispensable,. et s’éloignent de cette scène de douleur avec un empressement qui me fait souffrir. Mais je me plais à reconnaître en vous, mademoi- \ selle^ une sensibilité qui ne porte aucun préjudice à vos devoirs. »

* Pendant l’espace de quelques jours .on n’introduisit la lumière qu’avec ménagement dans la chambre d’Hélène; . et bientôt il lui fut permis de voir ses • >chers amis à qui elle avait tant d’obli-

• galion. • ^

Mais rien n’est capable de reproduire la scène de leur première entre- .vue, ni de donner aucune idée de la

délicieuse sensation qu’elle éprouva en voyant sa mère et sa sœur. Insensible- ; ment elle se familiarisa avec les objets " qui l’environnaient, et qu’au, premier abord elle ne savait pas éviter, lbrs-

. * . * Éaatwii

qu’ils se trouvaient sur son passage." Mais ce ne fut qu’au bout d’un certain

temps quelle parvint à ‘.pouvoir se rendre compte des sensatious qu’elle 1 "éprouvait, et à jouir des beautés de la • .

nature. Son esprit acquit chaque jour une nouvelle consistance, et la vue du * soleil, des étoiles, des nuages, d’un ruisseau, d’une fleur, étaient pour elle des sources intarissables de délices. Ses fa- \ cultes se développèrent, et ses yeux * étaient tellement frappés à la vue de ; ces objets; si nouveaux et si intéres- * sants pour elle, que chacun remarquait la supériorité de ses pensées, et admi- " fait la rare expression de son langage. .

Elle intéressait même par l’originalité de ses expressions et la vivacité de ses • manières. é >.&:* »,

Quand ses yeux furent en état de

* ■> % » • • /- , ..‘Jï jPj

; • x‘ Emilie/ . * *r' ,173

supporter la lumière, elle apprit rapidement ê\ lire et à écrire, et manifesta -des dispositions si remarquables

• ‘ pour le dessin, que son père la confia . aux soins des plus habiles maîtres. Elle

réussit parfaitement dans le .portrait, et, n’obtint pas moins de succès dans le

paysage. V:\

Attachée par les liens de la plus vive affection à ses parents et à ses • sœurs, elle n’oublia jamais les tendres, Y-

• * • ' * *. "'jrt A *.-r» •

. soins qu’ils avaient pris d’elle durant ;t s . son malheur, et s’ils étaient malades, :

• elle se !- dévouait pour eux .tout en- *

/ tière, disant souvent * Oh! puis-je . -j* jamais reconnaître toutes vos atten- .

fions pour mbi lorsque j’étais aveu-*- gle! » ..y. " •>'

Emilier.feonserva toujours son.ejcel^ . .

lent paractèfèv çt donna tous ses soins.

\ > ,V ... tZki •» ■ • '■

« -VJ 4 Vu *? *

. - à l’éducation de .Charlotte qui, de son . ‘ ]poté; ne* lui laissa rififrÿ,4ésirer. Àr=.

' ' - thùr et Maria ne comblèrent pas moins

. les désirs de leurs parents.

. Le bonheur et la paix accompagné-

. v . rent jusqu’au tombeau cette- aimable

; > famille, qui s’occupa sans cesse del’ac-

comphssemerit de ses devoirs, et trouva

' ~ la récompense de sa bonté dans .la „ «

- ; jouissance de toutes les félicités dont > celte vie e^t susceptible.- . ‘ .

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