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Sa Vie et sa Mort f
PAR
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AVIS DB &'AUTBU&,
Parmi tant d'exemples de dévouement e t de patriotisme que la dernière révolution de Pologne nous présente, celui d'Emilie Plater peut être placé en première ligne.
Son nom a fait vibrer tous les cœurs qui répondent aux mots d'honneur et de patrie : qui ne sait pas qu'Emilie se fit soldat de la cause nationale, et, jeune encore, mourut pour elle ?
Mais les détails de cette vie si pittoresque et si belle nous manquaient encore.
Vi \ AVIS DE l'auteur.
Lié à la comtesse Plater par d'anciennes relations de famille^ possesseur de terres voisines des siennes , son compagnon d'armes dans les champs de la Lithuanie, j'ai suivi les destinées de l'héroïne, j'ai compris ses pensées, partagé ses périls. Son existence m'est connue : j'ai vu Emilie adolescente rêver la gloire polonaise comme d'autres rêvent un époux, se nourw rir des souvenirs de notre antique natio^ nalité, s'en faire un culte, un objet d'idolâtrie; j'ai vu grandir la jeune fille, et avec elle ces nobles idées ; j'ai deviné qu'au jour où sonnerait le clairon, Emilie deviendrait soldat et manierait la lance.
Ses campagnes militaires sont les mien^ nés; j'ai assisté aux mêmes dangers. Plu3 tard, je l'ai perdue de vue, quand, proscrit ^ j^té sur le sol prussien, il m'a fallu
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AVIS DE L^AUTEUR. viî
chercher un asile en France. Alors Emilie se mourait de ses longues fatigues; elle expiait à vingt-quatre ans le rêve d'une âme ardente et surhumaine ; mais les détails de cette mort me sont parvenus :
j'ai des lettres datées de son chevet, j'ai interrogé des témoins qui lui ont fermé les yeux.
Ainsi la vie de l'héroïne est tout entière entre mes mains : je vais la tracer, la dire à ses admirateurs, afin qu'on l'aime davantage en la connaissant mieux. Il est temps d'ailleurs qu'une version exacte et complète rectifie une foule de récits fabuleux dont on a bercé jusqu'ici la crédulité européenne.
Mon intention était d'abord de me borner à insérer cette notice dans mon ouvrage Les Polonais et les Polonaises de
viij .AVIS DE l'auteuh.
la révolution du ag nos^emhre i83o, etc.; mais débordé par les matériaux^ et entraîné par mon sujet , j'ai dû publier ce livre.
L'article que je destine à la comtesse Plater dans mon ouvrage biographique ne sera donc qu'un résumé de ce que je vais livrer au public; car le volume actuel contiendra jusqu'aux moindres détails de sa courte et glorieuse existence.
Puissé-je ne pas rester en dessous de ma tâche nouvelle, et dire tout ce qui a battu de noble et de généreux dans ce vaillant cœur de femme!
Ifivéfaa
DE M. BALLANGHI.
Que la Pologne, qni fut si souvent le plus ferme appui de la chrétienté, redeTienne florissante sous l*abri du saint Évangile , et soit aussi Tégide de la liberté des peuples. Yierge sainte ! si le Tout-Puissant a décidé ^e notre patrie toute chrétienne doit souffiir comme votre Fils la mort du martyr, que sa gloire fasse partie de la gloire éternelle du monde.
Prière des Polonais a la Vierge.
Et la seconde moitié de la sublime prière a seule été exaucée.
Oui, dès à présent, la gloire de la Pologne fait partie de la gloire éternelle du monde.
Elle a été crucifiée , et dli haut de sa croix elle a crié à l'Europe : Pourquoi m'avez-vous abandonnée?