LOUISE, RAYMOND, EMMA
RAYMOND , tenant Emma par la main.
Viens, Emma, je veux te parler de même qu'à ta sœur.
LOUISE
Voulez-vous un siège , mon père?
RAYMOND
Non, je ne suis point las. Ce beau jour me rend, je crois, les forces du jeune âge.
LOUISE , tendrement.
Vous vivrez long-temps , mon père.
RAYMOND
Je le souhaite, mes enfms, car vous me rendez bien heureux. Cependant les années se succèdent avec rapidité, et je sens. . .
EMMA
Nous voyons, nous, que votre cœur est toujours le même
Je crois qu'oui, ma fille; mais enfin je marie aujourd'hui mon fils aîné, et c'est lui qui désormai, administrera mes biens et les vôtres. Ecoutez- moi, vous étiez en bas âge quand vous perdîtes vos parens; votre père était mon voisin et mon ami le plus véritable. En mourant, il ne me dit que ces mots : Raymond, mes deux filles vont être orphelines; je te les donne. Je le remerciai , vous emmenai chez moi , et , n'étant que votre tuteur , ,e vous accoutumai à m'appeler votre père. Le ciel m'avait donne deux fils, et je vis avec joie que votre attachement reeiproque augmentait avec l'âge. Charles sera ce soir le mari de Louise; Edmon, que son agence me rend encore plus cher, doit dans un an appeler Emma son épouse ; ainsi mes quatre enfans auront rempli mon vœu le plus doux: ils resteront unis toute leur vie. Vous voyez que Dieu me protège. J'ai fait valoir votre héritage en bon père de famille; vous possédez un sol fertile; ] ai place vos revenus avec soin sur la banque , et vous êtes assez riches pour faire du bien.
Il leur donne à chacune un portefeuille. Voici ta dot , Louise ; voici la tienne , Emma. Charles ser; désormais chargé de tes intérêts , jusqu'à ton mariage ave son frère. J'ai besoin de repos, mes enfans, et de navOi plus a m'occuper que de ma tendresse pour vous.