SCÈNE IL
FRILLER, JULIETTE.
JULIETTE
ous voilà bien gai, monsieur Friller,les yeuxbrillans.
FRILLER.
quand je vous vois, Mademoiselle Juliette, o jpiYant après vos bonnes grâces.
JULIETTE
v vous encore parler de mariage?
FRILLER.
s cloute ; et vous y viendrez.
JULIETTE
8t cependant vous entrez en fureur dès qu'il est ques- Sfo*.: de celui de Madame.
FRILLER.
Quelle différence ! Vous ne sauriez mieux faire , vous , que d'épouser un homme riche et sage; mais madame Palmer, veuve, indépendante , ayant de grands biens, s'être amourachée d'un Baron qui aime à briller à la cour, qui fera lestement circuler nos ducats et m'obligera de compter avec lui!... ce serait une infamie, mademoiselle Juliette! Madame restera veuve; il le faut pour mes intérêts et conséquemment pour les vôtres.
JULIETTE
Oh! non; elle est trop fatiguée du veuvage; mais, à sa place, ce n'est pas son Baron glacial que j'épouserais.
FRILLER.
Pas plus un autre que lui. Quand je vois céans l'ombre d'un chapeau, le frisson me prend. Mais je conviens avec voua que le Baron est un amoureux fort original ; il me fait rire, moi, quand il débite à Madame, d'un ton et d'un air si tranquilles, toutes les phrases banales des amans. Madame , vos charmes , vos attraits, votre grâce enchanteresse, ma flamme, mon ardeur, ma passion, mes adorations. ... oh î il est unique, Peste, mademoiselle Juliette, j'étais autrefois un galant un peu plus pressant, plus alerte et plus jovial.
JULIETTE
Je le crois sans peine. Mais le Baron est là-dedans ; il écoute avec son sang-froid imperturbable les reproches de Madame, dont vous connaissez la vivacité, la tête ardente et les emportemens jaloux.
FRILLER , content.
Ah! on se dispute; vous me mettez du baume dans U «ang. Et à quel sujet ?
JULIETTE
Au sujet d'une rivale, mademoiselle Hermann, la fill<
du conseiller intime dont le jardin touche le nôtre ; vous savez ?