‹ Emmanuel de SwedeborgChapitre 104 sur 269 · LE CIEL · texte numérisé non relu

LE CIEL

fois le prodiguer avec trop d'amour-propre pour notre espèce et trop peu de déférence pour une loi générale de la création. Les êtres qui forment le monde matériel variant à Tinfini, ceux qui forment le monde moral paraissent devoir varier de même. Variété dans l'unité, tel est le caractère évident de la création, trop évident pour avoir échappé au savant théosophe. Certes il lui a fallu de puissantes raisons pour sacrifier la variété à l'unité. Son esprit systématique l'emporta vers cette hardie théorie : Dieu est le seul type de l'humanité. La forme humaine est donc la forme divine ; dans l'univers, moral il ne peut y en avoir une autre.

Cette curieuse brochure de Swedenborg eût clos dignement une aussi laborieuse année. Il n'en fut rien et nous ne sommes pas au bout de ses travaux de 1758 : il nous reste, au contraire, à faire connaître la plus importante des productions qu'il imprima dans ces douze mois si chargés, j'entends le volume du Ciel et de ses merveilles et de l'Enfer; d'après ce qui a été vu et entendu.

Ce que doit être ce livre , l'auteur nous le dit luimême en ces lignes :

ce Les arcanes qui sont révélés dans ce qui va suivre concernent le ciel et l'enfer, et en même temps la vie de l'homme après la mort. »

(( L'homme de l'Éghse aujourd'hui possède à peine quelque notion sur le ciel et l'enfer, ainsi que sur sa vie après la mort, quoique toutes ces choses soient décrites dans la (sainte) Parole. Et même de ceux qui sont nés dans l'ÉgUse, un grand nombre les nient, en disant dans leur cœur : Qui en (du ciel et de l'enfer) €St revenu et qui en a fait un récit ? »

ET l'enfer. 14i

« Afin que ces négations, qui régnent surtout parmi ceux qui sont savants dans les choses du monde, ne pervertissent pas les simples de cœur et de foi, il m'a été donné d'être dans la compagnie des anges et de m'entretenir avec eux comme l'homme s'entretient avec l'homme, de voir les choses des cieuxet des enfers, pendayit treize ans. »

(( Je vais les décrire maintenant d'après ce que j'ai vu et entendu. »

A ces mots, on croira peut-être que l'auteur va nous donner une répétition des Arcanes. C'est un peu cela, mais pas tout à fait. Le nouvel ouvrage est calqué sur les Arcanes, mais c'en est plutôt une nouvelle rédaction qu'une répétition. C'est une édition revue et resserrée, beaucoup plus nette, plus positive , et de fait plus riche que la première. La méthode en est plus libre. Ce n'est plus aux textes de Moïse, c'est à l'ordre naturel de ses propres idées que l'auteur s'attache, et ceux qui n'aiment pas l'exégèse allégorique à^e^ Arcanes trouvent ici, sous une forme qui peut mieux leur aller, une instruction aussicomplète etd'ordinaire supérieure. Elle est plus précise surtout en ce qui concerne le Ciel et ses différentes divisions ; les anges, leurs différentes classes et sociétés ; l'amour céleste et l'amour spirituel ; la correspondance des choses célestes et des choses terrestres, l'amour conjugal, l'amour de soi et l'amour du monde.

Le style du nouvel ouvrage étant d'une simphcité extrême et sa marche un peu monotone, la lecture suivie peut en être fatigante pour les esprits délicats ; mais que ceux-là prennent l'excellente table alphabétique

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