LA THÉORIE DES IMAGES
celle d'aller dans tout l'univers , n'importe où; mais il avait celle de pouvoir chercher dans les régions des esprits et des anges tous ceux qui pouvaient l'instruire, d'y nouer des entretiens avec eux, en un mot do parler soit à ses amis défunts, soit aux personnages avec lesquels il avait fait connaissance dans les annales de l'humanité, comme un homme parle avec un autre homme.
En apparence son passe-port était limité aux cieux et aux enfers, et la terre était exceptée de cette façon de voyager si facile et si rapide. Mais en réaUté il n'en était rien. Chaque habitant de la terre, nous dit-il, ayant dans l'autre monde son esprit ou son image, Swedenborg pouvait, quand il le voulait, y aller s'entretenir avec l'image ou l'esprit de la personne qui l'intéressait, tandis qu'il n'aurait pu aborder la personne elle-même, sur la terre qu'elle habitait, qu'en se soumettant aux lois communes à tous les voyageurs qui circulent sur notre globe. C'est là une théorie bien ingénieuse et qui peut le paraître trop, par la raison qu'elle est trop commode. Mais elle est sincère chez Swedenborg, et antérieure à la vision qui a changé toutes les conditions ordinaires de son esprit : elle est du moins ébauchée dans son ouvrage du Règne animal^ publié en 1744. Du moins il y professe sa foi à l'apparition des âmes après la mort, et il y dit ceci : Telle est la sympathie et tel est le magnétisme de l'homme que souvent la communication a lieu entre des personnes qui se trouvent à une distance de bien des milles les unes des autres.
La double existence, celle de la personne dans ce monde et celle de son image dans l'autre, n'est pas indiquée ici ; mais elle éclata d'elle-même dans les théories