LA MERVEILLE DU SIÈCLE
postérieures de Swedenborg, parce qu'elle y était nécessaire. Elle sortit d'ailleurs de son expérience.
En effet, c'est ainsi que, selon sa relation, il eut avec des personnes vivant à grande distance des conférences que nous ne tarderons pas à rapporter.
Le général d'E., qui conte comme un homme de grand sens, ne parle que d'une seule des deux facultés extraordinaires de Swedenborg, de celle d'aller s'entretenir dans l'autre monde avec .les défunts ; il n'aborde pas l'autre , celle d'y causer avec les esprits des vivants ou leurs images. Il nous laisse même ignorer s'il en a entendu parler ou non; mais quant à la première , il ne semble pas la mettre en doute , puisqu'il accepte comme une chose hors de discussion le récit fait à sa femme par Swedenborg. Il semble même en accepter les circonstances particulières , ou les faits secondaires , celui par exemple que M. de Marteville était sur le point de changer de colonie et d'obtenir une grande amélioration dans son état moral en passant dans une autre station. Mais il y a évidemment une contradiction frappante dans le langage du brave général. D'une part il réduit le rôle de Swedenborg, en apparence, à rien; car c'est un songe de madame de Marteville qui révèle la quittance; et d'autre part il appelle Swedenborg la merveille du siècle. Le fait-il d'une façon sérieuse, par voie d'ironie ou par voie d'accommodation à l'opinion générale ? Cela est difficile à dire ; mais si ses termes étaient ironiques, son inconséquence n'en serait que plus frappante. Car alors il n'aurait plus de motif du tout pour croire , comme il le fait , au récit de la visite rendue par Swedenborg à M. de Marteville.