YOUNG
qiiante lieues de distance et l'entrevue cherchée avec M. de Marteville jusque dans l'autre monde, eurent dans tous les pays du Nord un immense retentissement. Il n'y a peut-être jamais eu d'événements de ce genre qui aient fait plus de bruit à la cour de Stockholm et dans le monde diplomatique. Les ambassadeurs se hâtèrent d'en écrire à leurs cours respectives , toutes avides dans ce siècle d'incrédulité de faits aussi étranges. Et si chacun de ces nouveUistes officiels si souvent à sec mit dans ses missives autant de circonstances remarquables que le ministre de Russie, le comte Ostermann, en sut mettre dans les siennes, on comprend que la légende bientôt ait été riche et belle.
Le comte avait d'ailleurs joué lui-même un rôle dans l'affaire en qualité de confident des embarras de madame de Marteville, et sa relation, quoique plus ample que celle du second mari de cette dame , mérite une singuhère et une réelle confiance.
A ce diplomate en succéda un autre, de qui Young- Stilling apprit des circonstances ignorées du mari de madame de Marteville et du comte d'Ostermann. En effet, le célèbre mystique nous apprend ( 0Ei/t'r(?5 complètes, vol. XIII, p. 399) ce que jamais personne de Suède n'a dit ni su, c'est-à-dire que Swedenborg, quelques jours après les confidences de madame de Marteville reçues par le ministre russe, fit informer la veuve que son mari viendrait telle nuit, à minuit, lui indiquer l'endroit où il avait mis la quittance. Young ajoute qu'elle se résigna à soutenir cette redoutable entrevue sans l'assistance de sa femme de chambre , et que le défunt tint la parole donnée à Swedenborg.