‹ Emmanuel de SwedeborgChapitre 125 sur 269 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Entrevues avec la reine Ulrique à Stockholm et avec le prince de Prusse dans l'autre inonde. — Rapports divers sur ces entrevues, par le comte cfe Dielriclistein et les académiciens de Berlin. — Le récit de Swedenborg. — L'enquête de Kant. — Les explications naturelles du chevalier de Beylon et du ministre Gambs. — Le démenli du chevalier de Slahlhammer. — L'opinion générale. — La formule du baron de Grimm. — L'explication de Wieland. — Les toris de Swedenborg et ceux de la reine.

Sur la fin de la même année, pendant laquelle Swedenborg joua un rôle quelconque dans le drame de la famille Marteville, et un rôle considérable au Parlement de Stockholm, il figura dans les salons de la reine d'une manière si extraordinaire que sa renommée en tira plus d'éclat que de tout ce qui avait précédé dans sa merveilleuse carrière. Les faits sont aussi plus difficiles à constater. C'est à ce point que, si nombreiLx qu'en soient les récits et les initiés , les semi-initiés ou les gens qui ont écouté aux portes, aucun n'en donne la date, si ce n'est le capitaine Stahlhammer, qui en indique une fausse. Ni Swedenborg ni la reine elle-même ne la mentionnent, et rien ne jette plus d'iacertitude dans les

172 LE GÉNÉRAL TUXEN.

esprits que ce vague ajauté à d'autres. Les faits valaient pourtant la peine d'être remarqués et datés. Car, il faut le dire, bien constatés, ils attesteraient dans l'illustre Suédois le plus rare développement que Tintelligence humaine ait acquis jusqu'à ce jour sur la terre.

Examinons-en donc avec soin le récit, la négation ou la confirmation, ainsi que les explications toutes naturelles auxquelles il a donné lieu.

Le récit nous est fourni par Swedenborg lui-même, qui le fît en pleine table au général de Tuxen , lequel le consigna dans cette même lettre dont nous avons déjà cité une partie à propos du voyage de 1747. [Yoy. cidessus, p. 106.]

Yoici ce que nous apprend le général sur ce sujet :

c( Quelques années plus tard (c'est bien plus tard qu'eut lieu ce nouveau voyage), par suite de divers récits extraordinaires que j'avais entendus sur Swedenborg, je priai le consul de Suède, M. Rabling, de vouloir bien m'informer de la présence de Swedenborg à Elseneur dès qu'il s'y trouverait. Bientôt après, il me fît avertir par son neveu, M. Beyer, célèbre helléniste, qu'en ce moment même l'illustre voyageur était à dîner chez lui avec son capitaine ; et il me fît dire d'y venir sans retard, le vent étant favorable et le bâtiment prêt à mettre sous voile. Je ne perdis pas un instant, et à peine arrivé, je jne présentai comme un ami intime du consul, accouru pour refaire la connaissance d'un homme aussi célèbre et aussi savant, lui demandant la permission de lui adresser quelques questions. — « Demandez toujours tout ce qui vous fera plaisir, me dit-il avec calme et politesse, je répondrai à tout conformément à la vérité. »

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